AP3146-Schneyder-Geuthner-T1P11

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Titre : Cambodge, Phnom Penh, 1935 – Fête des Eaux – Préparatifs

Notice : Monographie dessinée de l’Indochine – Ecole d’Art de Gia Dinh. (Voir AP2556) Cambodge. Dessin de J.G. Besson, Inspecteur des Ecoles d’art de Cochinchine. Notule : La Fête des Eaux à Phnom Penh Les Fêtes des Eaux ou plus précisément « du retournement des eaux » (Sampeas Prea Kha) s’étalent sur la semaine précédant la pleine lune de la première quinzaine de novembre. Le Roi séjourne sur sa maison flottante, sur le Mékong, face au Palais Royal (voir AP3147). Le Roi ordonne aux eaux du Tonlé Sap de se diriger à nouveau vers le fleuve. Il rend grâce au Mékong pour les bienfaits que l’inondation a produits sur les terres d’une grande partie du territoire (culture du riz) et sur l’abondance des poissons qu’elle a amenées, deux denrées de base de la nourriture de son peuple. Les fêtes comportent 4 parties : – Des courses de longues pirogues faites d’un seul tronc d’arbre (voir AP3150 et AP3151) ; – La « Coupe de la lanière sainte » tendue, à travers le Tonlé Sap, par des glaives sacrés ; – La purification royale par aspersion ; – La fête des feux flottants (Bon Loy Pratip). (Comité de Rédaction)  » Il ne faut pas regarder la Fête des Eaux ; il faut la vivre. Certes, le spectacle est beau de cette soixantaine de pirogues. Elles passent l’une après l’autre devant la maison flottante du Roi, longues, effilées, portant à la poupe et à la proue relevées, la bannière de la pagode qui les envoie. Leur coque et leurs étraves paraissent allégées encore par les dessins délicatement peints qui les ornent. 40, 45, et jusqu’à 50 pagayeurs sont assis ; un seul reste debout au milieu : c’est le bouffon qui, souvent, a troqué l’uniforme de l’équipe contre un accoutrement des plus fantaisistes où les lunettes noires, les moustaches postiches, le parapluie – déchiré de préférence – introduisent des éléments certains du comique au goût cambodgien. Les pirogues passent l’une après l’autre, peu éloignées de la berge, redescendent au milieu du fleuve deux par deux, en course cette fois, luttant de vitesse avec des cris d’émulation et d’enthousiasme qui deviennent, sitôt le but dépassé, cris de colère des vaincus, cris de joie et moqueries des vainqueurs. Elles virent enfin en un grand cercle, ralentissant l’allure avant de venir devant la tribune où elles recevront le prix de leur victoire. Et c’est alors une somptueuse harmonie des couleurs, parmi lesquelles deux taches ardentes : les vêtements rouges des hommes qui, dans les barques auxquelles est fixé le cordon symbolique du retrait des eaux, signalent la victoire des pirogues en frappant le tam-tam…/… Puis c’est l’illumination des chaloupes, des jonques et des barques qui, à leur tour, vont remonter et redescendre trois fois la petite partie du fleuve consacrée à la fête. En tête vient la chaloupe royale… Pendant qu’elles promèneront sur l’eau les signes inscrits dans l’ombre par leurs lanternes et leurs cierges, le feu d’artifice fusera dans la nuit, effritant des étoiles, semant des astres éphémères. Le plaisir des pauvres a la même source aujourd’hui que le plaisir du Roi…/… (Jeanne Cuisinier – Extrême-Asie – Saïgon, mai 1926) Voir aussi les vignettes AP3148 à AP3151 inclus.

Mots Clefs : Cambodge Dessin – Crayon 1935-1937 Fêtes et cérémonies Fêtes des eaux