AP0030-Sallet

AP0030-Sallet

Titre : Environs de Hué, vers 1930 – Pagode Thien Mu

Notice : Carte postale de la deuxième série de la collection Morin frères portant le numéro MF 47 et le titre « Hué, Tour de Confucius et le clocher ». Sur la collection de cartes postales Morin frères, voir AP0028. Notule : Pagode Thien Mu dite pagode de Confucius La pagode Thien Mu, de la « Vieille Dame Céleste », était également appelée « pagode Linh Mu », la « Vieille Dame Immortelle ». D’après Cadière, c’est l’empereur Tu Duc qui, n’ayant pas d’enfant, avait pensé qu’il expiait peut-être par là le sacrilège résultant de l’emploi abusif des caractères désignant le ciel (Thiên) et la Terre (Dia) Il aurait donc décidé de remplacer ces mots par des termes équivalents et c’est ainsi que la pagode Thien Mu serait devenue la pagode Linh Mu. (BAVH.1915/3 p.261) Elle était plus connue des Européens sous le nom erroné de « pagode de Confucius », par confusion avec le temple de la Littérature, ou « temple de Confucius » situé un peu plus en amont sur la Rivière des Parfums. C’est la plus ancienne pagode de Hué puisqu’un premier temple bouddhique y fut construit, sous la dynastie des Lê, par Nguyên Hoang, ancêtre de la dynastie des Nguyen. Il avait eu, à cet endroit, l’apparition d’une vieille femme qui lui prédit l’avènement d’une dynastie florissante. Ce premier temple fut considérablement amélioré et agrandi par les empereurs et les rois successifs de la dynastie des Nguyen. Un escalier permet de monter directement du bord de la Rivière des Parfums jusqu’au portique à 4 colonnes (voir AP1185) et après avoir traversé la route, jusqu’au porche d’entrée de la pagode. De là, on aperçoit la tour Phuoc Duyên, de « la source du bonheur » (voir AP1189), improprement appelée Tour de Confucius qui fut construite par l’empereur Thieu Tri en 1844. C’est une tour octogonale de sept étages, pour rappeler les sept bouddha de l’antiquité. Un escalier intérieur permet de monter au sixième étage (voir AP2488). A droite et à gauche de la tour, deux petits édifices octogonaux (voir AP1189) furent construits par le roi Minh Vuong en 1710. Le pavillon de gauche contient une monumentale cloche en bronze tout à fait remarquable par ses dimensions (elle pèse plus de 2 tonnes et mesure 2,5 m de haut) et par le soin particulier avec lequel elle fut gravée et décorée. Elle porte une série d’inscriptions qui furent rédigées par le roi Minh Vuong lui-même. Le pavillon de droite abrite une stèle de pierre majestueuse, dressée sur le dos d’une tortue. L’entrée principale de la pagode Thien Mu est un grand portique à trois ouvertures situé après la grande tour. De part et d’autre de chacune de ces trois ouvertures ont été édifiées deux grandes statues polychromes (voir AP0330) formées par de l’argile recouvrant une armature de fer. Ces six statues représentent les Kim Cang. Ce mot est la traduction du sanscrit Vajra qui signifie « bâton, masse de diamant ». Il désigne aussi le Génie porteur de cette masse qui est le sceptre d’Indra (dieu du Tonnerre). Les Kim Cang sont devenus, en Annam, des divinités populaires, sorte de Génies guerriers protecteurs de la religion bouddhique (BAVH. 1915/3) (Comité de Rédaction) Sur les lieux de culte traditionnels chez les Annamites, voir AP0782.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Environs de Hué Vers 1930 Carte postale Pagode