AP3055-Schneyder-Geuthner-T3P10

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Titre : Tonkin, 1935 – Femme tonkinoise portant le chapeau

Notice : Monographie dessinée de l’Indochine – Ecole d’Art de Gia Dinh. (Voir AP2556) Tonkin – Sites, gens, industrie, commerce et culte. Dessin de Jules Gustave Besson, Inspecteur des Ecoles d’art de Cochinchine (voir AP2555). Notule : Condition de la femme au Viêt Nam En réalité, au Viêt Nam, la femme est maîtresse de l’intérieur et elle a toujours joué dans la famille un rôle extrêmement important. Dans la société traditionnelle, le mariage est…un acte essentiellement collectif, voulu et préparé par les deux familles intéressées. La volonté et le goût propre des deux fiancés comptaient peu ou pas. C’est pourquoi l’amour conjugal n’a guère d’histoire et n’a laissé que peu de traces dans la littérature. Ce qui inspire celle-ci, ce sont ces aventures sentimentales où le libre arbitre des amants essaie de tenir tête à la contrainte sociale, amours de vent et de lune, qui nous ont valu, entre autres, l’immortel Kim Van Kieu. Lorsqu’un mariage était malheureux, la répudiation de la femme par le mari était possible dans sept cas et impossible dans trois. Elle était, comme le divorce, assez rare, à cause du palliatif constitué par la polygamie. A côté de la femme « principale », peuvent exister, en effet, des femmes de second rang, épousées après consultation et consentement de la femme principale. Enfin, il y avait des concubines (femmes-servantes) achetées et non épousées. L’occidental, individualiste et moraliste, considère la dissolution d’une union comme une question purement personnelle et sentimentale ; la rupture du foyer lui paraît en être la conséquence logique. Le confucéen préfère ne pas toucher à la structure familiale. Il laisse à sa femme sa situation sociale bien établie, au-dedans et en dehors de sa maison. Elle reste même la mère légale des enfants susceptibles de naître d’autres unions de son mari. Elle a droit au respect des autres femmes et garde sur elles une situation prééminente. Ce ne sont évidemment que de vaines apparences, mais la pire des choses pour elle serait de n’avoir, du fait du divorce, plus de famille, plus d’enfants et plus de mari. Parmi les raisons, toujours discutables, qu’un homme peut avoir de changer sa femme, il y a le sort (Du Yen). D’après la cosmologie sino-vietnamienne, la destinée des époux, et même des amants passagers, est fixée d’une façon inévitable. Un devin dira à un homme que sa destinée est d’avoir plusieurs femmes ou bien qu’il n’aura de garçon que s’il en change. A une femme, il affirmera qu’elle ne pourra jamais être qu’une concubine et non une femme de premier rang, que d’ailleurs, si elle le devenait, son mari la délaisserait aussitôt. Personne ne doute de l’impossibilité de se soustraire au Du Yen et cette croyance donnait au concubinage le caractère d’un mal nécessaire qui perd de plus en plus de terrain dans le Viêt Nam d’aujourd’hui. L’épouse vertueuse (Bo Kinh) était censée porter des jupes de toile (Bo Quan), et épingler ses cheveux avec une épine (Kinh Thoa). D’où les expressions « la personne à l’épine (Kinh Phu) » pour désigner le sexe faible et Chuyet Kinh (vile épine) pour parler de sa femme aux étrangers. Si le père était symbolisé par l’arbre Xuân (Cedrela odorata, acajou à planches), la mère était représentée par la plante Huyên (Hemerocallis), herbe qui fait oublier les soucis (Vong Vu Thao) que ses enfants lui donnent encore. Aussi l’hémérocalle était-elle autrefois plantée devant la chambre de la mère pour qu’elle soit toujours heureuse. (Extrait de Connaissance du Viêt Nam – Pierre Huard et Maurice Durand – Réédit. EFEO 2002)

Mots Clefs : Tonkin Dessin – Crayon 1935-1937 Chapeau