AP0027-Sallet

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Titre : Annam, 1920 – Porte de maison chinoise

Notice : Haut de la porte fermée d’une maison chinoise dans une localité non déterminée, qui pourrait être Hué. Au-dessus de la porte, on voit une inscription en caractères sur un panneau de bois laqué (peut-être l’enseigne commerciale de la maison) et deux macarons circulaires portant l’image du Yin et du Yang. Entre ces deux macarons, un losange de papier porte le caractère Xuan (Printemps) dans une couronne décorative au-dessous et sur la porte sont collées deux images rectangulaires en papier figurant des génies. Notule : Laque et laqueurs Le patron de leur corporation est Tran Tuong Cong, ambassadeur en Chine sous le règne de Le Nhan Ton (1443-1460). Il introduisit à Hanoï les techniques de la province chinoise du Ho Nan. Les laqueurs travaillaient des cuirs laqués et ciselés utilisés dans la sellerie et le harnachement des chevaux des mandarins, ainsi que dans les garnitures de leurs palanquins. Ils réalisaient aussi des laqués appliqués sur bois, cuir, métal, soie, toile ou papier et des laqués sculptés (laques de Pékin) où la matière à sculpter était constituée soit d’un mélange de filasse, de papier, de coquille d’oeuf et d’huile de camélia additionnée d’un vernis rouge corail ; soit par des panneaux entièrement en laque. La laque, qu’il ne faut pas confondre avec le stick-lack (produit animal), est le suc laiteux obtenu par incision de l’arbre à laque, « Cay Son », bien étudié au Nord Viêt Nam par le médecin et botaniste français Balansa. Ce suc est conservé dans des paniers de bambou imperméabilisés à la laque ou à l’huile de persimmon et recouverts d’une couche de papier imperméabilisé, assujetti au panier par un lien circulaire. Une coupe d’un de ces paniers montre, en bas, le « Nuoc Thiec », matière aqueuse évacuée qui servait à la préparation des mastics. Elle est surmontée d’une couche analogue, servant au calfatage des barques et des paniers. La laque marchande est constituée par le Son Gioi avec sa couche inférieure de deuxième qualité et sa couche supérieure de première qualité. La pellicule supérieure est un produit d’origine diastasique élaboré par les masses sous-jacentes ; à partir du deuxième mois jusqu’à trois et cinq ans après la récolte. On l’écume avec une cuillère et on la conserve à part. Partant de cette matière première, les laqueurs vont obtenir un certain nombre de préparations : tamisage – laque de couleur – mastics divers – laquage du bois. (Extrait de Connaissance du Viêt Nam – Pierre Huard et Maurice Durand – Réédit. EFEO 2002)

Mots Clefs : Annam 1920 Habitat traditionnel Porte Laque – Laquage