AP2720-Schneyder-Geuthner-T4P18b

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Titre : Cochinchine, 1935 - Labourage

Notice : Monographie dessinée de l'Indochine - Ecole d'Art de Gia Dinh. (Voir AP2556). Cochinchine - Agriculture Industrie Commerce. Sur le riz, des semailles au blanchissage, voir AP4343. Sur le buffle, voir AP0783. Notule : L’agriculture traditionnelle Le peuple vietnamien est un peuple de paysans. 95 % de la population vit de l’agriculture, et principalement de la culture du riz. Dans la hiérarchie sociale, le paysan vient juste après le lettré, avant l’artisan et le commerçant. L’histoire dit que c’est le gouverneur chinois du Giao Chi, le Tonkin actuel, alors sous la domination de la Chine, qui introduisit, au 1er siècle de notre ère, l’usage de la charrue. Il fut placé au rang des Génies bienfaiteurs du pays et son culte est encore célébré dans de nombreuses pagodes. C’est bien la civilisation agricole du Sud de la Chine, celle du riz, du buffle, des digues et des voies d’eau qui, depuis le début de notre ère a servi de modèle à l’agriculture vietnamienne. "En permettant chaque année (et parfois deux fois par an) la production suffisante de nourriture, sans jachère, sans risque d’érosion du sol et avec un minimum de fumure, ce mode de culture assure l’avenir du groupe humain qui l’emploie" (Huard). La culture en rizière irriguée est à l’origine des fourmilières humaines de l’Asie des Moussons, à haut niveau de civilisation de l’Indochine, de l’Indonésie, de la Chine et du Japon. L’irrigation est le premier travail auquel doit se livrer le paysan. L’eau transportée par les grands fleuves, Mékong et Fleuve rouge, et chargée du limon nourricier arraché aux hautes montagnes doit être acheminée jusqu’à la rizière, où elle est retenue par tout un réseau de diguettes. Les procédés pour élever l’eau, d’un petit canal à la rizière ou d’une rizière à l’autre sont aussi nombreux qu’ingénieux. Le panier de bambou, rendu étanche par un mastic de laque est fixé à l’extrémité de quatre longues cordes maniées par deux personnes qui impriment au panier un mouvement de balancier, puisant l’eau dans le réservoir du bas pour la déverser sur le terrain du haut. Quand la différence de niveau n’est pas grande et que le réservoir est peu profond, le paysan utilise une écope en bambou tressé, ouverte sur le devant et munie d’un long manche. L’appareil est suspendu à un haut trépied de bambou et peut être manoeuvré par une seule personne. La noria a palettes qui fut, dit-on, importée de Chine par un ambassadeur de l’empereur Minh Mang à la cour de Pékin, utilise un système ingénieux de chaîne en bambou articulée, munie de palettes et mise en mouvement par un pédalier qu’actionnent deux jeunes gens. Mais le procédé le plus élaboré est celui des batteries de grandes norias étonnantes constructions tout en bambou de près de 20 mètres de haut, qui puisent l’eau directement dans les rivières et la déversent dans les canaux d’irrigation par un réseau de canalisations en bambous. Tout ces systèmes de digues, de diguettes, de réservoirs et de canaux font l’objet de surveillance et de soins constants et les paysans doivent en permanence transporter des paniers de terre pour les renforcer. La terre ainsi détrempée peut être labourée. Avec sa charrue, tirée par un buffle, le paysan défonce superficiellement le sol sans tracer de sillons. La charrue est une araire rudimentaire composée d’un timon en bois relié au joug du buffle et auquel est fixé le sep en bois muni d’un soc métallique. L’ensemble est suffisamment léger pour être transporté sur le dos du paysan. Après le labourage on facilite l’écoulement du trop-plein de l’eau et les mottes de terre étant complètement détrempées, on les réduit en bouillie uniforme au moyen d’une herse en bambou. Le riz n’est pas semé directement dans le champ comme on sème le blé. On prépare d’abord les semences, renfermées dans des paniers, en les exposant à l’eau pendant un jour et à l’air pendant trois jours et on les sème, très serrées, dans des pépinières préalablement préparées et fumées. Au bout d’un mois environ, les jeunes plants, qui forment un haut gazon d’un vert magnifique, sont arrachés. On coupe l’extrémité supérieure des tiges et on les dispose en petites bottes que l’on transporte dans le champ à repiquer. Le repiquage se fait à la main, dans la vase molle du champ encore inondé, par pincées de tiges qu’on enfonce d’un seul coup. Les paysannes, de l’eau jusqu’aux mollets, avancent en une longue ligne au rythme de leurs chants : "Dans la rivière haute et dans la rizière basse, Le mari herse, la femme repique, le buffle laboure" Quatre mois plus tard, le riz est moissonné à la faucille, lié en gerbes et transporté près des habitations. Il est battu et vanné pour le séparer de la paille. Puis il est décortiqué pour le débarrasser de son enveloppe. Le décorticage se fait à l’aide d’un moulin composé d’une meule mobile actionnée à la main par un long levier de bambou, qui tourne sur une meule dormante. Les meules sont faites de lames de bambou légèrement inclinées et fortement serrées, alourdies au moyen d’un mastic d’argile. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Cochinchine Dessin 1935 Labourage Paysage - Rizière Buffle - Irrigation - Noria