AP2671-Schneyder-Geuthner-T3P13

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Titre : Cochinchine, 1935 - Potier décorateur

Notice : Monographie dessinée de l'Indochine - Ecole d'Art de Gia Dinh. (Voir AP2556). Cochinchine : Sites et gens. Sur "Potiers et céramistes", voir AP1466. Notule : Les artisans "En dehors des artisans adonnés aux techniques de l'alimentation et de l'habillement, les artisans peuvent être répartis ainsi : 1- Artisans travaillant les métaux (ferblantiers, bronziers, bijoutiers, nielleurs, fondeurs de sapèques, fabricants d'armes) ; 2- Artisans céramistes (potiers, faïenciers, porcelainiers, tuiliers, briquetiers) ; 3- Artisans travaillant le bois (menuisiers, ébénistes, charpentiers, imprimeurs, papetiers, charpentiers de marine, sculpteurs) ; 4- Artisans s'occupant du travail des textiles (tisserands de coton, de jute, de ramie ou de soie, vanniers, voiliers, cordiers, fabricants de parasols, de nattes, de sacs, de stores, de chapeaux, de manteaux et de hamacs) ; 5- Artisans travaillant le cuir (tanneurs et cordonniers) ; 6- Artisans travaillant la laque ; 7- Sculpteurs sur bois et sur pierre ; 8- Artisans travaillant l'écaille, la corne et l'ivoire ; 9- Artisans fabriquant des objets cultuels. La plupart de ces artisans étaient libres. Mais la Cour de Hué ne différenciait pas l'artiste de l'artisan et avait de véritables ateliers d'État comprenant des brodeurs, des incrusteurs, des nielleurs, des laqueurs, des sculpteurs, des ivoiristes et des bijoutiers. L'outillage vietnamien est un outillage simple, léger, facile à construire, parfaitement adapté aux problèmes que doit résoudre un artisan adroit, patient, et qui ne cherche pas à économiser son temps. La vis et le boulon sont le plus souvent remplacés par des coins de bois. On citera comme d'un emploi très courant le levier, le chevalet, le coin à fendre, la presse à coin, la roue à dents, l'essieu et la roue locomotrice, la force hydraulique (moulin à eau, pilon à décortiquer le riz), le moteur humain à pédales, le semoir-herse, le rouet et le piston (dont l'origine paraît remonter à une culture synthétique sud-orientale dans le sein de laquelle se serait spécialisée la culture sino- vietnamienne). Mercier a bien mis en vedette les caractéristiques de cet outillage. Mais nous sommes loin d'avoir, à ce sujet, l'équivalent du "China at work" de Rudolf Hummel. Les artisans sont en même temps des commerçants. Ils faisaient leurs comptes, comme les Romains et les Européens médiévaux, sans utiliser le calcul à la plume. Celui-ci était remplacé par le boulier chinois. On attribue à Luong The Vinh (docteur de 1463), un ouvrage d'arithmétique intitulé "Méthode très complète de calcul" qui aurait été un remaniement d'un ouvrage de Vu Huu, un de ses contemporains, traitant de l'emploi de l'abaque. L'abaque est encore employée par les commerçants chinois, mais elle paraît abandonnée par leurs collègues vietnamiens. Despierres en a fait une récente étude. Les enseignes des magasins indiquent quelquefois le nom des propriétaires. Assez souvent, elles ne reproduisent qu'une raison sociale, composée de deux, quelquefois de trois caractères chinois (ou de leur transcription latine), considérés comme de bon augure. Le caractère Xuong (en transcription chinoise Tch'ang) qui signifie splendeur et prospérité donne Vinh Phat Xuong "prospérité perpétuellement florissante" ou My Xuong "splendeur charmante". D'autres raisons sociales seront Van Bao (dix mille joyaux), Dai Hung "grand accroissement", Quy Ky "noble marque" et Yen Thanh "paix parfaite". Une pratique fréquente chez les commerçants était celle du Dot Via Dot Van. Les clients ont tantôt des Via Lanh ou des Via Tôt (âmes bonnes, âmes favorables), tantôt des Via Xau ou des Via Du (âmes mauvaises, méchantes). Si l'âme du premier client est Xau ou Du et s'il s'en va sans rien acheter, et après avoir longuement marchandé, tous les clients qui le suivront risqueront de l'imiter. Dans ce cas, le marchand doit conjurer le mauvais sort, en coupant et en brûlant sept petits morceaux de paille de son propre chapeau si le client est un homme, et neuf si c'est une femme. Il prononce au même moment la conjuration suivante : " Je brûle les âmes, je brûle l'homme au foie dur, je brûle la femme aux entrailles dures, que les âmes bonnes restent, que les méchantes s'en aillent. " C'est poussés par la même superstition que les pirates, quand ils se mettaient en opération, tuaient le premier passant qu'ils rencontraient." (Extrait de Connaissance du Viêt Nam - Pierre Huard et Maurice Durand - Réédit. EFEO 2002)

Mots Clefs : Cochinchine Dessin 1935 Artisanat - Poterie Décoration