AP2661-Schneyder-Geuthner-T3P3

AP2661-Schneyder-Geuthner-T3P3

Titre : Cochinchine, 1935 – Robe de cérémonie pour les hommes

Notice : Monographie dessinée de l’Indochine – Ecole d’Art de Gia Dinh. (Voir AP2556). Cochinchine : Sites et gens. Notule : Habillement et habits dans le Viêt Nam traditionnel (Cette description s’entend pour la période des Lê – 1428-1489 – NDLR) Dans les cultures du type médiéval comme la culture vietnamienne, la forme et la couleur des vêtements étaient minutieusement réglées par le Ministre des Rites. Chaque classe sociale, chaque circonstance de la vie (deuils, mariages, etc.) était indiquée par un détail vestimentaire. La nudité et le culte du nu, si caractéristique des Grecs, étaient impensables. Les femmes qui sont du principe obscur (Am) devaient être bien cachées par les vêtements. Les hommes qui sont plus sains pouvaient ne cacher seulement que le tour des hanches (Nguyen Van Huyên). Les proto-vietnamiens ne portaient pas de pantalons. Ils ne connaissaient que le vêtement-ceinture des contrées tropicales qui, de l’Inde au Japon, est constitué, pour la femme, par une sorte de jupe libre (Man), et pour l’homme, par une sorte de ceinture en T (Kho). Les tuniques en écorce d’arbre (type tapa) signalées par M. Colani dans le Centre Viêt Nam et les manteaux de feuilles de latanier (La Goi), en usage dans le Nord, paraissent se rattacher à de très vieux modèles autochtones « présinoïdes ». La jupe est encore en usage chez les paysannes du Nord Viêt Nam. Pourtant dès 1774, Vo Vuong imposa le port du pantalon et de la tunique sinoïdes, dispositions qui ne furent adoptées que par les riches. Il s’agissait du costume en usage sous la dynastie mandchoue (1644-1912), costume de coupe étroite, se fermant sur le côté, et pantalon. Le pantalon connu des indo-européens (Gaulois, Perses anciens), des Turco-Tatars et des Mongols de l’Asie centrale a été importé en Chine, comme la botte, à une date relativement récente (IIIe siècle) et n’a jamais éliminé, comme au Viêt Nam, la robe traditionnelle. Les tailleurs ne pouvaient pas coudre les jupes, les cache-seins et les pantalons des femmes, pas plus que les blanchisseurs ne pouvaient les lessiver. Ces tabous rappellent ceux de l’ancienne Chine où le mari et la femme ne devaient jamais mélanger leurs habits avant l’âge de soixante-dix ans. La commande, la coupe et la confection des vêtements étaient liées à des jours fastes, indiqués par des calendriers spéciaux. Une étoffe manipulée sous l’influence de la constellation du feu est exposée à être brûlée. Toutefois, en faisant brûler à part un petit morceau de cette étoffe, on peut, en cas d’urgence, modifier les influences maléfiques. Pour tracer sur l’étoffe la silhouette du patron, les tailleurs, en guise de craie, utilisaient des couteaux mousses de corne, de bois ou d’os. La forme de ces outils très archaïque suggère une origine très ancienne, antérieure à l’âge des métaux (M. Colani). Ils avaient 17,5 cm de long X 3,5 cm de large et 4 millimètres d’épaisseur. Les premiers vêtements du nouveau-né devaient être confectionnés avec les habits hors d’usage d’un vieillard de façon à lui transférer le plus de longévité possible. (Extrait de Connaissance du Viêt Nam – Pierre Huard et Maurice Durand – Réédit. EFEO 2002)

Mots Clefs : Cochinchine Dessin 1935 Mode – Robe – Vêtement – Femme Fêtes et Cérémonies