AP2604-Schneyder-Geuthner-T1P36

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Titre : Cochinchine, 1935 – Musiciens des rues

Notice : Monographie dessinée de l’Indochine – Ecole d’Art de Gia Dinh. (Voir AP2556). Cochinchine : Sites et gens. Notule : Musique et musiciens La musique vietnamienne, en particulier celle qui accompagne le théâtre traditionnel, a souvent déconcerté l’oreille occidentale. Voilà comment la décrivait un « nouveau débarqué » : « Soudain un vacarme fait rage ; le violon pousse des cris divers de chats qu’on égorge vifs ; le hautbois vous persécute jusqu’au fond du tuyau de l’oreille ; un pavillon de cuivre vibre au souffle d’un dératé comme une dent cariée sous l’eau glacée ; les gongs tempêtent ; des castagnettes s’affolent, des tambours de toutes grosseurs roulent à vous donner le mal de mer » (G. Coulet – Le théâtre annamite classique – 1928). C’est que, dans la musique sino-vietnamienne, la poésie est inséparable de la mélodie. La langue vietnamienne, avec ses six tons, est une langue chantée. Cette interdépendance entre les mots et la musique explique les fréquents sauts de voix vers l’aigu ou le grave, et l’emploi des « miaulements » et des « chutes de voix ». Ce chant a besoin de rythmes variés et soutenus d’où l’usage de “taper le tambour” durant les représentations. L’unisson est la règle absolue de cette musique. Elle est de ce fait facile à noter (avec une gamme heptaphonique correspondant aux sept cordes de la guitare), facile à retenir, et laisse de grandes libertés à l’exécutant. A la différence des comédiens, les musiciens étaient hautement considérés dans la société vietnamienne et les mandarins n’hésitaient pas à agrémenter leurs fêtes familiales ou amicales par un groupe de chanteurs. Des orchestres plus importants étaient constitués dans les capitales. Les troupes qui comportaient hommes, femmes et enfants bénéficiaient d’un statut social privilégié. La musique vietnamienne comprend une grande variété d’instruments. Ainsi la flûte ; il en existe plusieurs types : flûte à bec, flûtes traversières à sept ou huit trous auxquelles il convient d’ajouter les orgues à bouche à treize ou dix-neuf tuyaux ainsi que les sifflets en terre cuite que l’on accroche parfois aux cerfs-volants pour écarter les esprits malfaisants en période d’épidémie. Le tam-tam, gros tambour de bois tendu d’une peau de buffle et battu avec un maillet de bois, rythmait la vie du village, indiquant les veilles de la nuit, annonçant le passage d’un haut fonctionnaire ou donnant l’alarme en cas d’incendie ou d’inondation. Au théâtre, le « tambour d’éloges » était tenu par le spectateur le plus lettré qui soulignait les passages les mieux chantés, les mimiques les plus expressives et tenait lieu d’applaudissements. Les pauvres gens, les aveugles ou les musiciens des rues et des marchés essayaient eux aussi de gagner leur vie en formant des orchestres ambulants et en donnant des concerts aux bords des chemins, avec quelques instruments à corde; une flûte et un gong (voir AP2607 etAP2633). Voir les vignettes représentant des instruments de musique : AP2653, AP2654 et AP2655. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Cochinchine Dessin 1935 Musique – Musicien Instrument de musique