AP0025-Sallet

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Titre : Hué, 1930 – Concession – Bâtiments de la 1ère compagnie

Notice : Carte postale n° 98 édite par Thanh Ba, éditeur à Hué. Envoyée le 17 décembre 1932 par la soeur Marie à Laure Morin, soeur du fondateur de l’hôtel du même nom. Sur la collection de cartes postales de Thanh Ba, à Hué, voir AP1159. Sur la Citadelle de Hué, voir AP0032. Notule : Hué – le Mang Ca – la Concession La « Concession » était la partie de la Citadelle cédée au gouvernement français pour y loger ses troupes. L’ouvrage avancé appelé Mang Ca (nageoire de poisson) à cause de sa forme, situé à l’extérieur de l’angle nord-est de la Citadelle, fut concédé par le roi Tu Duc en 1884 (traité Patrenôtre) pour y installer le représentant français et la première garnison. Cet espace réservé fut par la suite agrandi pour occuper dans le coin nord-est de la citadelle elle-même un carré d’environ 250 mètres de côté. Cette « Concession » fut aménagée et des casernes, une infirmerie et des logements en dur y furent installées (BAVH. 1918/4 : La Concession de Hué par P. Cantin) Le Mang Ca, élément de la fortification de la Citadelle de Hué. Cet ouvrage s’appuie sur le côté extérieur Nord de la face N.E de la Citadelle de Hué. Il n’en est séparé que par le fossé qui se ramifie pour l’entourer de toutes parts. Une poterne sous le rempart du Corps de place, au centre de la courtine (c’est la porte de Truong Dinh) puis un pont en brique sur le fossé, donnent accès de la place dans l’ouvrage. Ce dehors, symétrique par rapport à une capitale parallèle à la face N.O. du corps de place, a la forme générale d’une lunette dont les deux faces ont été brisées et présentent ainsi chacune deux branches, permettant de mieux battre certaines directions. Il a les dimensions approximatives suivantes : Ouverture de la gorge : 220 mètres environ en ligne droite ; longueur des flancs : 200 mètres environ ; longueur des petites branches des faces : 60 mètres environ ; longueur des grandes branches des faces : 160 mètres environ. Il est actuellement ouvert à la gorge, mais devait, autrefois, être fermé par un parapet de terre dont on voit l’indication sur les cartes datant de 1885, et qu’on devine encore à un certain exhaussement du terrain. Cette défense était nécessaire, car les traverses, qui prolongent les flancs de l’ouvrage jusqu’au fossé de gorge et y interrompent la berme, n’ont été construites, par nos troupes, que depuis l’occupation. Antérieurement, en suivant la berme du Mang Ca au pied du rempart, on atteignait la poterne de Truong Dinh et on pénétrait dans la gorge de l’ouvrage ; qu’il a donc fallu barrer. Le parapet construit à cet effet, probablement organisé pour tireur debout, si peu élevé fût-il, était néanmoins réversible et pouvait servir d’abri à un assaillant déjà maître du Mang Ca. C’est sans doute pour cette raison que nous l’avons probablement rasé et que nous avons préféré améliorer la défense du dehors en prolongeant le mur d’escarpe jusqu’au fossé de gorge, à l’aide de traverses. Le Mang Ca a un double objet. En premier lieu, il était destiné à battre le port de Bao Vinh et à donner des feux d’artillerie enfilant les deux bras de la Rivière des Parfums qui partent de ce port et se dirigent l’un vers le Nord, en passant devant le marché du village, l’autre vers le Nord-Est dans la direction de Thuàn An…/… Un deuxième objet du Mang Ca est d’assurer le flanquement de la face N.E. de la Citadelle, en prenant d’enfilade son glacis et le canal Dong Ba. On peut s’étonner que les ingénieurs de 1805 n’aient pas songé à lui faire jouer le même rôle sur la face N.O. Il aurait suffi, à cet effet, de le substituer à la lunette nord de la place et de modifier son tracé pour lui permettre, en même temps, de battre d’enfilade les bras du fleuve. Mais on l’écartait ainsi de la voie d’eau qui le contourne actuellement et on estimait, sans doute, que cette première ligne de défense ne se trouverait plus à bonne portée de mousqueterie de l’ouvrage, mousqueterie de l’époque bien entendu. Ce raisonnement nous permet de conclure que cette voie d’eau était naturelle et existait avant 1805. L’étude du Mang Ca nous montre les mêmes éléments de fortification que dans le corps de place. A l’extérieur, on trouve le glacis et le chemin couvert, puis le fossé (largeur 33m 50) et la berme au pied du rempart (largeur 8m 60). Le mur du parapet est moins épais que celui du corps de place, car sa plongée n’a que 1m 28 au lieu de 1m 80. Il est aussi moins haut (de 5 m à 5m 80 au lieu de 6m 60), ce qui assure au corps de place un certain commandement, désirable dans le cas où le Mang Ca tomberait aux mains de l’ennemi…/… La poterne du flanc Sud, appelée porte Trân Bình, de dimensions plus réduites que les portes de la place (2 mètres de largeur au lieu de 3m 37, et 3 mètres de hauteur de voûte au lieu de 5m 14), et construite postérieurement à 1805, puisque, à cette époque, la porte Truong Dinh existait seule, permet aux défenseurs du Mang Ca d’en sortir pour contre-attaquer sur le glacis Est de la Citadelle. (D’après Ardant du Picq – Les Fortifications de la Citadelle de Hué – BAVH 1924)

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1930 Carte postale Citadelle Concession Caserne – Mang Ca