AP2555-Schneyder-Geuthner-Frontispice

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Titre : Cochinchine, 1935 – Monographie dessinée de l’Indochine

Notice : Extrait de l’introduction de Louis Malleret à la « Monographie dessinée de l’Indochine » (1) Cette longue introduction est répartie en textes qui se suivent sur les vignettes : AP2556-2609-2658-2701-2745-2786-2827-3004-3045-3086-3133- 3178. « Signifier à l’aide du crayon et du pinceau toute la richesse des impondérables qui constitue l’originalité d’un pays et d’une race, voilà bien une entreprise qui, à des esprits vains, peut sembler chimérique. Que retenir en effet des aspects d’un paysage étranger, des attitudes des hommes, de leurs pensées secrètes et de leur âme, sinon des apparences fugitives rendues à jamais immobiles par une audacieuse fiction ? Difficile et délicate en soi, la tentative peut se révéler imprudente et arbitraire, dès l’instant qu’il ne s’agit plus de saisir, dans son intime abandon, le libre jeu de l’existence humaine en des contrées voisines de l’Europe, mais de pénétrer au cœur de cet Orient incertain, inquiétant et subtil, dont nous ont volontiers entretenus d’impavides voyageurs. Quoi donc ? Voici un pays dont vous allez sans doute répéter après tant d’autres qu’il est lointain et mystérieux et vous ne voyez pas l’inconséquence qu’il y a, ô étranger ! à rechercher, dans ses horizons indécis ou dans le sourire décevant de ses hommes, la même valeur significative qu’aux choses, aux gestes et aux usages de chez nous ? A cela, il n’y aurait guère à répondre, si l’erreur était justement, quand on envisage les peuples de l’Extrême-Orient, de les considérer comme des nations aux coutumes bizarres, à l’esprit déconcertant et complexe, au génie incompréhensible et fermé. L’erreur est aussi de confondre l’inaccoutumé avec l’inaccessible, le mystère avec l’inconnu. Considérez telle planche de ce premier album, où une mère annamite soutient son enfant. Le geste de la tendresse ne reste-t-il point le même, sous tous les climats ? Examinez telle de ces représentations de la vie populaire, telle scène des champs, tel intérieur modeste, et voyez comme toutes ces images de la. vie universelle sont enveloppées d’une souriante simplicité. Regardez ce mince profil de jeune fille dans sa tunique de soie verte, et reconnaissez que la fraîcheur et la grâce des formes humaines demeurent sur le vaste monde, le signe invariable de l’élégance et de la jeunesse » (Voir suite AP2609)

Mots Clefs : Cochinchine Gia Dinh 1935 Document Enseignement – Ecole d’art Dessin – Aquarelle – Crayon