AP2508-Morin-Edmond

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Titre : Environs de Hué, 1930 – Tombeau de Khai Dinh – Statue du souverain (2)

Notice : Khai Dinh, fils de Dong Khanh et père de Bao Dai, fut le douzième souverain de la dynastie des Nguyen. La statue de S.M. Khai Dinh en bronze doré fut réalisée en France en 1922. Elle représente le souverain en grande tenue d’apparat, coiffé du bonnet traditionnel et tenant à deux mains le sceptre royal. Le roi est assis sur son trône ; il est représenté grandeur nature. La statue mesure 1 m 42 de hauteur. La statue est placée sur un socle en maçonnerie à 2 étages et sous un immense dais, également en maçonnerie. Socle et dais sont ornés de reliefs en ciment représentant des motifs traditionnels : caractères chinois – fleurs – frises – dragons… rehaussés par une mosaïque de tessons de porcelaine et de verre multicolore. Les murs, les colonnes, les plafonds, sont ornés du même décor exhubérant. Derrière la statue du roi on aperçoit les rayons du soleil en maçonnerie dorée qui orne le fond de la salle. Notule : La mort dans les tombeaux royaux « …/…Chez les rois, tombeau et temple de culte sont réunis dans une même enceinte sacrée et la garde et le culte sont assurés par des soldats et des femmes. Il est normal qu’on érige dans cette enceinte une stèle commémorative, il est normal qu’on bâtisse dans cette enceinte un pavillon de repos pour les descendants qui viennent pour rendre le culte. Nous avons, dès lors, l’ensemble funéraire d’un tombeau royal avec l’explication de ses éléments essentiels, c’est-à-dire avec leur raison d’être. Evidemment, la simplification manque de nuances pour ce qui est de la mort et de la vie future, mais on pourrait faire là dessus tout un traité, et ce n’est pas l’endroit ici d’épuiser la question. Il en est de même pour l’explication des différentes parties d’un ensemble funéraire, mais nous nous bornons volontairement à l’essentiel, nous réservant de traiter la question plus à fond dans des études prochaines. C’est la tradition qui préside à la conception du plan d’un tombeau royal annamite et qui en donne les éléments essentiels. Cette tradition s’est formée en Chine au cours des âges, et c’est par une étude des tombeaux des grandes dynasties chinoises qu’on le verrait s’élaborer, se compléter, avant de passer de Chine en Annam où elle a régné immédiatement en maîtresse absolue, et où elle ne semble pas avoir subi de modifications essentielles. Cette étude des tombeaux chinois montrerait comment de vieilles croyances, des pratiques très anciennes expliquent la présence de mandarins civils et militaires, de chevaux, d’éléphants dans la cour d’honneur des tombeaux ; ils sont peut-être là pour tenir compagnie au mort et le servir. Les trois portes qu’on trouve toujours aussi sont traditionnelles, comme les trois allées partout, leur nombre est symbolique, et le passage central est celui que l’empereur seul utilise. Les portiques sont peut-être un souvenir, qui n’a pas perdu toute sa valeur sacrée et triomphale, des « tori » japonais ; les colonnes, qui s’élèvent couronnées d’une fleur de lotus stylisée de chaque côté du tombeau, ont été l’objet d’une série d’explications dont la plus plausible est qu’elles orienteraient et obligeraient les regards du mort à se tourner vers le point cardinal de meilleure influence…/… (Extrait du BAVH 1939/1 par G. Langrand) Sur le tombeau de Khai Dinh, voir AP2160. Sur les souverains de la dynastie des Nguyen, voir AP0594. Sur les bâtiments communs aux tombeaux de la dynastie des Nguyen, voir AP2523. Sur l’idée de la mort chez les Annamites, voir AP2502.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Environs de Hué 1930 Tombeaux de la dynastie des Nguyen Art décoratif