AP2491-Morin-Edmond

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Titre : Hué, 1930 – Palais Kien Trung – Façade (1)

Notice : Sur la Cité Interdite, voir AP0031. Sur le Palais Kien Trung, voir AP0047; Sur les bâtiments communs aux tombeaux de la dynastie des Nguyen, voir AP2523. Hué « moderne » – Influence de l’intervention française « …/…Sous le règne des premiers rois de la dynastie (des Nguyen), Hué garde toujours son caractère de capitale mystérieuse et sacrée, exerçant sur les provinces une influence décisive, une attirance invincible, auréolée par le mirage de la distance et l’éclat de la Cour toute-puissante. Elle était comme le symbole de la Royauté, la Cité prestigieuse et souveraine, le séjour inviolable de l’Empereur et de sa Cour. Il survint cependant alors un événement capital qui, tout en changeant le cours de l’histoire d’Annam, modifia également le visage de la Capitale et la rendit plus humaine et plus accessible : nous avons parlé de l’intervention française. Ce changement dans la structure politique du pays, ainsi que certains aménagements dans la ville, étaient accueillis par cette chanson : « Ke tu ngay Tay lai Su sang, Cau Truong-tien doi ben, cho Duong ngang thay dinh ». (Depuis le jour où les Français arrivèrent dans le pays et qu’un résident s’établit ici, Le bac de Truong Tien changeait de débarcadère et le marché changeait d’emplacement). Le bac de Truong Ttien se trouvait à l’emplacement actuel du Pont Clemenceau, le Duong Ngang est la route passant devant la Gendarmerie nationale et menant à An Cuu ; un marché se tenait autrefois au rond-point de la Gendarmerie ; après l’arrivée des Français, il était transféré à An Cuu où il se tient encore aujourd’hui. Les premiers moments de l’intervention française en Annam n’allaient pas sans heurts et sans grincements. Le représentant de la France qui était alors le général De Courcy, était impératif et intransigeant, tandis qu’à la Cour d’Annam, le gouvernement bicéphale des deux régents Nguyen Van Thuong et Ton That Thuyet s’accommodait mal de la nouvelle situation et cherchait par tous les moyens possibles à s’affranchir de la tutelle étrangère. A Hué, l’intervention française se manifestait par l’occupation de la concession Mang Ca (Nageoire de Poisson – ainsi appelée parce qu’elle affecte la forme de cet appendice latéral des poissons) ainsi que par l’installation d’une légation au lieu dit Thuy Truong (cantonnement des Mariniers) à l’emplacement actuel de la Résidence supérieure. Le Fleuve des Parfums servait de limite entre la ville annamite et la colonie française. Cette particularité géographique, ainsi que l’état des troubles et de l’instabilité d’alors, était chansonnée d’une manière fort plaisante à l’époque. Un beau matin, on vit, apposés sur les deux côtés du Mirador VIII (Mirador Thuong Tu) deux vers parallèles en caractères chinois ainsi conçus : « Nhat giang huong thuy ngon nang thuyet Tu nguyet tam vuong, trieu bat tuong » {Traduction : Un fleuve partage deux eaux (ou deux États) – le caractère Thuy se traduit en annamite par Nuoc qui signifie à la fois eau et Etat.) …/… Trois rois en quatre mois Duc Duc, Hiep Hoa, Kien Phuoc : juillet-novembre 1883)…/… Cette situation trouble ne pouvait durer ; elle eut pour dénouement l’événement tragique connu dans l’histoire d’Annam sous le nom de Guet-apens de Hué et la prise de la Citadelle de Hué par les troupes françaises du Mang Cá (5 juillet 1885), suivis de la fuite du Roi Ham Nghi ,et de l’avènement de Dong Khanh, prélude d’une longue ère de paix et de concorde qui dure jusqu’à nos jours. Les habitants de Hué conservent de cette tragique journée du 5 juillet 1885 une fête commémorative qui se célèbre chaque année le 23 du 5e mois du calendrier lunaire et est appelée fête des Ames errantes (Le Am Hon), en souvenir des innombrables tués de la journée, ainsi qu’une chanson ainsi conçue : « Ke Tu Ngay That The Kinh Do » Ong Tay Giang Giay Thep, Hoa Hia Do Nuoc Nam ». (Depuis le jour où la capitale a capitulé, M.M. les Français tendirent partout des fils de fer (en d’autres termes : installèrent des lignes télégraphiques) et dessinèrent la carte de l’Annam (Le fait de dresser la carte du pays, prérogative exclusivement royale, signifie la mainmise sur le territoire et le contrôle des affaires du pays)…./… Toute la vie de la Cour et l’activité de la capitale annamite se concentraient alors à l’intérieur de la Citadelle ; l’extérieur de l’enceinte était occupé seulement en certains points sur les bords du Fleuve des Parfums, par quelques installations d’importance secondaire « . (Extrait du BAVH 1944/4 – Hué à travers les âges par Cao Van Chieu)

Mots Clefs : Annam Thua Thien 1930 Citadelle Cité Interdite Palais