AP2412-Brochard-René

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Titre : Phnom Penh, 1928 – S.M. Monivong – Procession solennelle (1)

Notice : Notule : La procession royale de S.M. Monivong autour de sa capitale – 25 juillet 1928  » …/…La matinée du cinquième jour des fêtes du couronnement de S.M. Monivong est consacrée à la procession royale autour de la capitale ; celle-ci représente l’ensemble du royaume, dont le souverain prend possession. Sur tout le parcours qu’il suivra, le peuple, patient, s’est amassé et la bigarrure des écharpes et des sampot chatoie dans le soleil. Il n’est pas besoin de service d’ordre ni de rigide haie de soldats : un roi bonhomme va se promener au milieu de ses sujets, souriant à tous et distribuant quelques dons symboliques. Seul, un long cordon blanc, porté de chaque côté du cortège par des gardes, l’isole de la foule et a surtout pour emploi d’éloigner les divinités mauvaises qui voudraient troubler l’ordre et le recueillement. A sept heures, S. M. Monivong, vêtu du costume d’apparat à fond violet – couleur du mardi – sort de la Salle du Trône et monte en palanquin. Devant lui s’avancent, par groupes de trente, les porteurs de parasols, de bannières, d’éventails, de boucliers et de faisceaux ; les sonneurs de trompes et les orchestres – cuivres des miliciens, lent défilé des musiques malaise, cambodgienne et siamoise, joueurs de fifres, de gongs et de tambourins, Bakous avec leurs conques marines – les porteurs de queues de paon et d’enseignes du Dragon, les tam-tams et les hautbois chinois ; les tirailleurs, les mandarins à cheval, les fonctionnaires à pied ; les délégués provinciaux ; les dignitaires, les membres des anciennes familles royales, les ministres sur des palanquins bas. Derrière le Roi viennent le cheval, l’éléphant et le char, qui lui serviront successivement au cours de sa promenade ; un chambellan qui, dans une coupe d’or, tend au roi des fleurs d’or et d’argent pour être jetées à la foule ; puis encore des porteurs de parasols, d’aigles et d’attributs royaux ; les princes à cheval ; les pages porteurs d’insignes ; les licteurs avec des lances ; les gardes portant les armes royales ; enfin la suite majestueuse de vingt et un éléphants, lourdement caparaçonnés, parmi lesquels trois éléphants blancs et l’éléphant sacré qui « sert de monture au Bouddha ». Ayant passé le pont des Nagas, le roi rencontre le Résident supérieur et le chef des Bakous, qui l’attendent sur une tribune, avec les invités européens et indigènes. Il met pied à terre et après qu’on l’ait coiffé de sa couronne à cinq pointes, il monte sur le char attelé de six chevaux pour continuer sa marche. Après un nouvel arrêt à une nouvelle tribune où les mêmes personnages l’attendent et l’accueillent avec la même cérémonial, il arbore, pour monter à cheval, le chapeau conique aux larges bords et poursuit ainsi jusqu’à la Résidence supérieure où le reçoivent le Gouverneur général, M. le Fol et les hauts fonctionnaires français. Là, après un dernier changement de coiffure, il prend place sur son éléphant harnaché de cuir rouge, rutilant des fourreaux d’or qui enserrent ses énormes défenses, et la procession entre au Palais. Le chef des Bakous, à côté de M. le Fol, offre de l’eau lustrale, le roi s’en baigne la face et en verse quelques gouttes sur le sol, en l’honneur de la Déesse de la terre. Puis, s’étant prosterné au pied de l’autel placé dans la salle du trône, il rentre dans ses appartements. Durant sa marche triomphale, le roi a gardé l’épaule droite tournée vers le centre de la ville ; il a fait une halte et changé de véhicule ou de monture à chaque point cardinal. (Extrait de l’article d’Alfred Meynard – Revue Extrême-Asie, Hanoï – MCMXXVIII, 1928) Sur le couronnement de S.M. Monivong, voir AP2378. Sur le Cambodge (Raccourci historique), voir AP2379. Sur l’album de René Brochard, voir AP2162.

Mots Clefs : Cambodge Phnom Penh 1928 Fêtes et cérémonies Manifestaton officielle Couronnement – Procession