AP0242-Sallet

AP0242-Sallet

Titre : Annam, Ba Na, 1924 – Un dignitaire annamite en chaise à porteurs

Notice : Un notable annamite, portant sur sa tunique la plaquette d’ivoire indiquant son grade dans le mandarinat, monte à Ba Na dans une chaise à quatre porteurs. Les Annamites des classes aisées profitaient également des bienfaits de la station climatique. Sur Ba Na voir AP0253. Notule : Transports terrestres traditionnels La plupart des transports traditionnels de produits pondéreux (riz, minerais) ou encombrants (poteries, bois et bambous) se faisaient par voie d’eau. La voie terrestre était utilisée pour les transports de personnes et les transports de marchandises en quantités limitées et sur de courtes distances. Compte tenu de la rareté du cheptel, celui-ci était réservé, surtout au Tonkin, aux travaux des champs. Ce n’est que dans le sud et, en particulier, aux approches du Cambodge, que le boeuf était utilisé comme animal de trait. Le transport terrestre était donc essentiellement un transport humain. Palanquins officiels transportant les mandarins, hamacs et chaises à porteurs furent peu à peu remplacés par le pousse-pousse qui pouvait servir aussi bien pour les marchandises que pour les personnes. Les brouettes étaient très utilisées elles aussi pour transporter animaux et marchandises entre les marchés des villages et des villes. Cette rareté de la traction animale explique en partie l’inexistence de grandes routes dans l’ancien Annam. La route mandarine n’était parfois qu’un étroit sentier, franchissant les cols par des longs escaliers ou traversant les rivières par des gués ou des pont couverts. Un bel exemple de pont couvert est celui qui se trouvait près de Vinh, sur la route de Xa Lam. Sur de hauts piliers en bois, le pont s’arrondissait en dos d’âne, avec sa lourde couverture de tuiles qui pouvait servir d’abri en cas d’orage. Les mandarins avaient leur palanquin (Certains évêques avaient aussi le leur, voir AP4698). A Do Son, station balnéaire située près de Haïphong, les solides femmes de pécheurs avaient adopté la chaise à porteurs pour promener les touristes. Un confortable fauteuil en rotin, équipé de coussins et de repose-pieds était fixé entre deux longs brancards de bambou. Aux extrémités, deux bambous transversaux attachés au cadre par des liens végétaux servaient à quatre porteurs à soulever l’ensemble sans difficulté. Ce dispositif permettait, en plaçant les bambous transversaux en oblique, de passer par les chemins les plus étroits et même d’escalader les rochers. Les lourdes brouettes chinoises avec leur roue de bois pleine et leurs brancards courbés se rejoignant à l’avant se rencontraient partout dans les campagnes, les villages et les villes (voir AP2097). Les conducteurs souvent chinois, soulevaient les brancards à deux mains en s’aidant d’une bricole, d’un harnais passé sur les épaules. Ces brouettes servaient souvent au transport des cochons que l’on amenait au marché, ficelés à un gros bambou et entassés sur la brouette malgré leurs bruyantes protestations. Le pousse-pousse est né au Japon vers 1868. Il se répandit rapidement dans tout l’extrême- Orient, l’Inde et l’Océan Indien. Il parvint à Hanoï en 1884 et fut aussitôt adopté dans toute l’Indochine. Le pousse-pousse fut la grande attraction de l’Exposition coloniale de Marseille de 1906. Cette légère voiturette montée sur deux hautes roues était à l’origine entraînée par deux personnes : un tireur entre les brancards et un pousseur à l’arrière, ce qui justifiait son nom de pousse-pousse. Le pousseur disparut ensuite tandis que l’engin se perfectionnait. Le pousse de maître avec ses roues équipées de pneumatiques, son siège capitonné, ses lanternes et ses ornements de cuivre et son tireur revêtu d’un uniforme impeccable représentait le summum du luxe (voir AP1323). Le pousse-pousse ne se contentait pas toujours d’un seul passager : il pouvait, la petite taille des Vietnamiens aidant, en transporter plusieurs avec leurs bagages. Pour les paysannes se rendant au marché ou en revenant, il se transformait en un transporteur pratique de marchandises. La charrette était rarement utilisée en raison de la rareté des bêtes de trait (voir AP1480). Les minorités khmères vivant en Cochinchine utilisaient la charrette cambodgienne reconnaissable à son timon relevé en avant de pirogue et aux deux cornes latérales, à hauteur du moyeu, servant à mieux attacher les charges encombrantes. Les « Moï » des hauts-plateaux du sud transportaient leurs charges sur le dos, dans des hottes. L’éléphant était capturé dans les régions montagneuses. A Hué, il participait encore à la pompe impériale. Dans les exploitations forestières, il maniait les lourdes billes de bois et les transportait jusqu’au cours d’eau voisin ; il était aussi utilisé dans les chasses au grand fauve où il servait de mirador de tir ambulant (voir AP0404). (Comité de Rédaction) Sur les sentiers de promenade de Ba Na, voir AP0225. Sur la station d’altitude de Ba Na voir AP0253. Sur les pousse-pousse, voir AP4288.

Mots Clefs : Annam Quang Nam – Ba Na Station climatique 1924 Chaise à porteurs Transports terrestres traditionnels Portage humain