AP0023-Sallet

AP0023-Sallet

Titre : Annam, 1936 – Poste de la Garde Indigène en pays moï Kha Tu

Notice : Cette photo porte la mention manuscrite : « Poste de surveillance. Pays moï, Ouest de Quang Nam. Photo Raymond, inspect. garde indig. » Elle est à rapprocher de la série de photos prises par Monique sallet en décembre 1936 (voir AP0479 et de AP0481 à AP0503) à l’occasion de fêtes qui se sont déroulées dans le poste de An Diem. C’est ce même poste qui figure sur la photo. Notule : Le pays Ka Tu et les « chasseurs de sang » (L’orthographe correcte est « Kha Tu », mais le BAVH et le garde principal Le Pichon écrivaient « Ka Tu ». La première orthographe sera conservée pour éviter les confusions) Dans les années 30, dans l’Ouest de la province de Quang Nam, plusieurs tribus moï refusaient encore de payer l’impôt à l’administration coloniale et était considérées comme  » insoumises « . La Garde Indigène était chargée de la pacification de cette région. Dans un article publié dans le BAVH 1938/4, Le Pichon, inspecteur de la Garde Indigène, qui prit une part active à ces opérations de pacification, a donné une description détaillée des Moï Kha Tu, qui habitaient l’Ouest de la province et furent parmi les derniers à se soumettre. Le Pichon avait intitulé son étude : « Les chasseurs de sang ». « L’Hinterland compris entre la moyenne vallée du Song Cai ou rivière de Fai Fo (nom moï « Dak-Min ») et le Laos était, en 1935, mal connu. Parcouru au début du siècle par le Capitaine Debay, puis avant la guerre par le Chef de Poste d’An Diem, aujourd’hui Chef du Service de la Sûreté à Hué, M. Sogny, il était surveillé par ce poste d’An Diem, seul point de contact de l’Administration avec les Moï du Quang-Nam Ouest. A partir de 1935, fut entreprise la pénétration des 5.000 km2 qui échappaient à notre contrôle. Le poste de Ben Giang amorça d’abord, dans la vallée du Song Cai, la section Nord de la Piste 14 destinée à relier les plateaux moï à Tourane. Puis l’emprise de la province de Fai Fo s’étendit successivement vers l’ouest aux bassins du Song Giang et du Song Bung, affluents du Song Cai descendus des confins du Laos, aux bassins du Sông Con, autre affluent du Sông Cai venu du Nord, et de l’A Vuong, affluent rive droite du Song Bung, venu des confins du Thua Thien. Le Poste 6, sixième poste moi du Quang Nam, était installé en 1936, à 400 mètres d’altitude, à cheval entre Song Giang et Song Bung, pour dominer la partie Sud du territoire nouvellement pris en mains. Le secteur de Poste 6, Ka Tu pour la plus grande part, est cependant peuplé de Diê sur ses limites Sud et Est. En 1937, pour dominer la partie Nord entièrement peuplée de Kha Tu, était créé le poste de Ben Hien, occupé par M. Le Pichon pendant un an de dur travail. En 1936, le secteur d’An Diem ne comprenait que les abords immédiats du poste : les Moï pillaient et tuaient sans vergogne. Au début de 1937, une recrudescence des assassinats précipitait une action administrative préparée pour 1938 seulement. An Diem, coincé entre des villages annamites, n’avait pas de relations directes avec le pays moï. Pour dominer une population remuante et agressive dans un décor chaotique, il fallait s’installer à son contact immédiat et trouver la clef de ses communications. En Mai 1937, An Diem était abandonné pour Ben Hien poste élevé à 12 kilomètres dans l’intérieur, à la limite de la navigation des sampans, sur un promontoire de 80 mètres dominant le confluent du Song Con et de la Se Ka Lam et le carrefour des voies commerciales, véritable verrou de l’arrière-pays. En quelques semaines d’un travail épuisant entamé par le garde principal Rudler, poursuivi par le garde principal Le Pichon, de solides constructions, une piste carrossable accrochée au flanc des ravins surgissaient de la forêt : fièvre et peines ne furent pas comptées. En Septembre, les premières automobiles arrivaient au poste. Une fois installé, le garde principal Le Pichon poussa pacifiquement la soumission d’un pays extraordinairement tourmenté et força enfin la confiance des autochtones. La création de pépinières, l’aménagement des pistes, la pénétration médicale consolident aujourd’hui, à Ben Hien comme à Poste 6, une oeuvre politique que la valeur et l’esprit de sacrifice des cadres et des effectifs de la Garde Indigène de l’Annam ont permis de mener à bien malgré les obstacles dressés par le climat, par le relief et par les hommes ». (R. Ducrest – BAVH.1938/4) Sur la Garde Indigène de l’Indochine, voir AP1372. Sur les Gardes indigènes en tenue de campagne, voir AP1628. Sur Léon Sogny, Directeur de la Sûreté et Baron d’Annam, voir AP0571.

Mots Clefs : Annam Quang Nam Pays Kha Tu 1936 Garde Indigène – Moï Poste militaire