AP2355-Brochard-René

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Titre : Cambodge, 1928 – Maisons au bord du Mékong

Notice : Notule : Le Mékong Le Mékong est le 8e plus long fleuve du monde (4500 km) drainant un bassin de 800.000 km2. C’est également le 8e en débit moyen (17.000 m3/sec, allant de 12 à 70 mille m3/sec selon les saisons, entraînant des différences de niveau de 9 à 19 mètres au-dessus de l’étiage). Il naît au Tibet (province chinoise de Qinghaï) à plus de 5000 m d’altitude, à l’extrémité N-E de la chaîne de Tangla (ou Tanggula) Shan. Son parcours en Chine est d’environ 1680 km, d’abord sous le nom de Za Qu (=eau des rochers) au Tibet, puis en Chine proprement dite (province du Yunnan) de Lancan Jiang (=tumultueux fleuve). Sa gorge profonde est parallèle et peu éloignée de celles de l’Irrawaddy et du Yang Tse Kiang. Sur ce tronçon, 3 barrages ont été construits et 5 autres sont projetés. Sur 240 km il forme la frontière entre la Birmanie et le Haut-Laos. Après les rapides de Tang Ho (qui est la limite de la petite navigation par sampan et pirogue) le Mékong (=Fleuve Mère en sanskrit) coule pendant 1860 km au Laos, formant sur la plus longue partie frontière avec la Thaïlande (où il est dénommé Mae Nam Khong, =fleuve mère des eaux). Il est navigable sur plusieurs biefs séparés de rapides: bief de Louang Prabang, rapides de Kang Louang, bief de Vientiane et Savannakhet appelé aussi du Mékong moyen, rapides de Kemmarat, bief de Paksé, chutes de Khône. Puis sur 500 km le Mékong traverse le Cambodge où il est appelé Tonlé Thom (= le fleuve/grand) : bief de Stung Treng, 2 barrages, puis rapides de Préapatang et rapides de Sambor. Après quoi il est navigable jusqu’à la mer. Il passe à Kratié, Kompong Cham, Phnom Penh, au lieu dit les Quatre-Bras, qu’il forme avec son émissaire le Tonlé Sap vers le lac du même nom (Voir AP3162) et les deux bras commençant son delta : le Bassac et le Mékong proprement dit. Ce delta va couvrir 40.000 km2 et comporté 5000 km de bras, arroyos et canaux. Le Mékong parcourt 220 km au Viêt Nam où il est appelé Sông Cuu Long (=fleuve aux neuf dragons) du fait qu’il a 9 embouchures dans la mer et qu’au Viêt Nam une bouche de fleuve est sensée cacher un dragon. Si le Mékong est une frontière sur 2100 km il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’au XIXe siècle c’était au contraire un trait d’union entre les mêmes communautés vivant de part et d’autre de son lit : essentiellement khmères (Pou Nan et Tchen La) puis thaï. Prendre le Mékong comme limite territoriale a été une commodité pour les diplomates européens pour arriver à régler des conflits d’intérêt avec la Birmanie anglaise (traité de 1896) et la Thaïlande (1893). (Voir AP1985). Son utilisation moderne comme source d’électricité par des barrages sur son parcours et sur la plupart de ses affluents majeurs va raviver les échanges entre les états riverains, au risque de tensions potentielles suite aux modifications probables du régime des eaux et des alluvions. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Cambodge Mékong 1928-1929 Habitat indigène