AP2252-Brochard-René

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Titre : Laos, Louang Prabang, 1928 - Une représenration des ancêtres laotiens

Notice : Sur l'album de René Brochard, voir AP2162. Notule : Religions du Laos : Animisme et Bouddhisme Theravada Le culte des esprits au Laos : Il y a au Laos une survivance des coutumes animistes, c'est le culte des esprits, pratiqué notamment chez les ethnies minoritaires et le culte des génies (Phi) qui a survécu à l'essor du bouddhisme. Ce culte des Phis que le roi Phothisarath essaya vainement d'interdire au XVIème siècle, a été condamné par le gouvernement actuel mais est encore très pratiqué car les ethnies laotiennes perpétuent des rituels qui remontent à l'aube des temps. Dieux de la forêt et de la montagne, du jour et de la nuit, esprits du ciel et du feu, génies des morts continuent à se dresser face au Bouddha. Les Phi vivent dans les arbres, les roches et les collines. Chaque village, chaque province, possède ses gardiens de frontières, les Lokapâla, (qui sont quant à eux des personnages parfaitement reconnus par le bouddhisme officiel) et est d'autre part placé sous la protection des Phi dont le bouddhisme a assimilé les principaux. Les bons génies veillent à la prospérité du pays et de ses habitants. Ils sont célébrés chaque année lors de la lunaison (intervalle entre deux nouvelles lunes) de mai à juin, avant le début de la saison des pluies. Survivance de cultes antiques, ces fêtes ont pour but de s'assurer les bonnes grâces des puissances dont dépendent les récoltes. En dépit de son interdiction officielle, le culte des Phi (génies) demeure très répandu. Les Laotiens ont Trente-deux âmes. Il y a une âme dans chacune des 32 parties du corps. Les âmes ont tendance à folâtrer dans la nature au risque de se faire avaler par des Phi. Les moindres événements peuvent provoquer la fuite des âmes (maladie, choc psychique, départ ... ) il convient donc de procéder à une cérémonie de rappel des âmes. Cette cérémonie est appelée "Sou Khouane" ou « Baci ». Le Bouddhisme Theravada : Le bouddhisme est très important au Laos, où il imprègne la culture et la vie quotidienne. Il s'agit du bouddhisme du Petit véhicule, comme en Thaïlande et au Cambodge, un bouddhisme ouvert et tolérant, très marqué par l'hindouisme. Les robes safran, de couleur or ou orange, des moines sont une constante du paysage laotien. Le bouddhisme semble avoir été introduit à Louang Prabang (alors Muang Sua ) entre XIIIè et XIVè siècle. Le premier monarque de Lane Xang, Fagnum, fut l'inspirateur du bouddhisme comme religion d'Etat, en acceptant le bouddha d'or "Pha Bang" des mains de son beau père khmer. En 1356, il fit construire un Vat à Muang Sua destiné à abriter ce fameux bouddha. Mais le développement du bouddhisme fut relativement lent, même en plaine, car la population était encore très attachée au culte des esprits ou des Phi. Le roi Setthathirath, qui régna sur le Lane Xang de 1548 à 1571, tenta de faire de Vientiane un centre régional bouddhiste, mais il fallut attendre le règne de Soulignavongsa, au milieu du XVIIè siècle, pour que la religion soit enfin enseignée dans les écoles, tradition qui s'est maintenue depuis. Les trois principes de base du Bouddhisme Theravada : l'existence se caractérise par les trois aspects suivants : - le dukkha (souffrance, insatisfaction, maladie) - l'anicca (impermanence, caractère éphémère de toute chose) - l'anatta (non-substantialité de la réalité : impermanence de "l'âme"). Quatre nobles vérités : Ayant reçut le titre de Bouddha, "l'Illuminé" ou "l'éveillé", l'ascète a prêché les Quatre Nobles Vérités ayant le pouvoir de libérer l'être humain capable de les réaliser : - La vérité du dukkha – « Toute forme d'existence est sujette au dukkha (souffrance, insatisfaction, maladie, imperfection) ». - La vérité de la cause du dukkha - "Le dukkha est causé par le tanna (désir)". - La vérité de la cessation du dukkha - "Eliminez la cause du dukkha (le désir) et le dukkha cessera". - La vérité du sentier - "l'Octuple Sentier est le moyen de mettre fin au dukkha". But ultime du Bouddhisme Théravada : Le but ultime du bouddhisme Theravada est le nibbana (en sanscrit, nirvana), signifiant littéralement "extinction" de toutes les causes du dukkha. Il s'agit concrètement de la fin de l'existence corporelle - le terme de ce qui est à jamais soumis à la souffrance et perpétuellement conditionné par le kamma (action). En réalité, la plupart des bouddhistes lao cherchent plus à atteindre la renaissance dans une existence "meilleure" que le nibbana, notion difficilement assimilée tant par les Asiatiques que par les Occidentaux. De nombreux Lao ont le sentiment d'être indignes du nibbana. En nourrissant les moines, en apportant des offrandes aux temples et en se rendant régulièrement au Vat local, ils espèrent améliorer leur sort, c'est-à-dire acquérir suffisamment de "mérite" (Boun en Lao) pour éviter la réincarnation ou au moins réduire le nombre de renaissances. Cette recherche du mérite (hét boun) est une activité sociale et religieuse importante. La quasi-totalité des bouddhistes lao, et même certains non bouddhistes, admettent le principe de la réincarnation, la théorie du Karma (en sanscrit) (Kam en Lao) est par ailleurs très bien exprimée dans ce proverbe Lao : "Faites le bien et vous recevrez le bien ; faites le mal et vous recevrez le mal". Pratique du bouddhisme à la laotienne : Le bouddhisme lao ne possède pas de "sabbat" particulier ni de jour de la semaine consacré à la religion. Il n'existe aucun équivalent de la messe ou du rituel présidé par un prêtre. Au lieu de quoi, le bouddhiste Lao se rend au Vat quand il le souhaite. Au cours de ces visites, on fait des offrandes de boutons de lotus, d'encens et de bougies devant divers autels et reliquaires dans le complexe du Vat, on offre aussi de la nourriture au Sangha du temple (moines, religieuses et résidents laïcs - les moines mangent toujours les premiers), on écoute les moines chanter des sutras, ou textes bouddhiques, et on assiste à un Thêt, ou conversation Dhamma d'un abbé ou autre maître respecté. Les visiteurs peuvent également rechercher le conseil d'un moine ou d'une religieuse sur les questions, nouvelles ou constantes, que pose la vie.

Mots Clefs : Laos Louang Prabang 1928-1929 Danse