AP2106-Sallet

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Titre : Hué, 1931 – Portrait de Wladimir Morin

Notice : Notule : Wladimir Morin, Directeur du Grand Hôtel de Hué et des Etablissements Morin Frères C’est sans doute Arthur, l’aîné des 7 enfants Morin originaire de Mesnay (Jura), qui est à l’origine de l’aventure de la « tribu Morin ». Parti combattre au Tonkin après avoir « tiré un mauvais numéro », démobilisé, il fait venir progressivement ses frères et soeurs dans un pays neuf où « tout est à faire ». Wladimir Morin a 21 ans lorsqu’il débarque à Haïphong avec sa petite sœur Amélie en 1898. Il rejoint ses trois frères et sa sœur aînée Laure, qui a pris la place de leur mère trop tôt disparue. Après avoir été coursier chez un négociant chinois, « Wla » s’essaie au commerce pour lequel il montre très vite d’exceptionnelles dispositions. Ses qualités et son sens des affaires font rapidement de lui un chef de famille entreprenant et écouté. En 1903, après cinq années de vaches maigres au Tonkin, c’est probablement Wladimir qui propose à sa famille d’aller tenter la réussite en Annam où tout commence à se construire. Deux ans plus tard l’Hôtel Morin de Tourane est un solide établissement plein d’avenir. Wladimir laisse son frère Emile diriger l’affaire de Tourane et part tenter une autre chance à Huê, siège de la Résidence Supérieure en Annam. Il a 28 ans lorsqu’il prend la direction de l’ancien Hôtel Guérin, qu’il rachète sans doute à bas pris à la suite du Typhon de 1904 à Alphonse Guérin, qui en avait fait déjà un établissement réputé, surtout comme Comptoir d’articles de consommation (voir AP0211 et AP0212). « Le labeur opiniâtre du patron, son esprit d’entreprise, ses qualités d’affabilité, d’ordre et d’économie devaient faire de l’hôtel un des plus importants du genre en Indochine ». (M. Lafferranderie). Mais c’est sa rencontre avec Jeanne Deroberet, fille d’un soyeux de Lyon qu’il épousera en 1914 (voir AP1870), qui sera décisive dans sa réussite commerciale. Très vite, la chaîne des hôtels et comptoirs Morin, après les hôtels de Tourane et de Hué, s’agrandira de ceux de Ba Na, Nha Trang, Qui Nhon et Bach Ma. Parmi les qualités de Wladimir, celle du sens de l’accueil, cher aux Morin, sera la plus appréciée : « Les anciens d’avant la grande guerre n’ont pas oublié l’accueil réservé par Wladimir Morin aux fonctionnaires revenant de France. Les soldes étaient maigres en ce temps-là. On s’installait à l’hôtel pour y faire ses préparatifs de départ en province, et on gagnait l’intérieur avec deux ou trois mois de provisions de bouche, plus une avance pour les frais d’installation dans le nouveau poste. On payait quand on pouvait et bien des notes furent passées aux profits et pertes » (M.L) Jusqu’à sa mort en 1943, Wladimir se consacrera jalousement à son établissement. Il était sur le pont de 5 heures du matin à 10 heures du soir, donnant à tous ses employés l’exemple d’une activité méthodique à laquelle il joignait un esprit de prévision qui ne reculait pas devant les risques. Cette suractivité n’a pas empêché Wladimir de remplir ses devoirs militaires et de participer à la vie publique de la région : en 1914, il rentre en France après 18 ans de séjour ininterrompu, pour un repos mérité. Il se disposait à revenir à Huê lorsqu’éclate la guerre. Mobilisé le 2 août 1914 (10 jours après son mariage avec Jeanne), il est affecté en 1915 dans une compagnie de mitrailleuses, puis en juillet 1916 au 315ème Régiment d’Infanterie (voir AP1735). Sa belle conduite devant Verdun lui vaudra la croix de guerre. Wladimir a été, depuis 1930 et jusqu’en 1941, sollicité de participer à la vie publique huéenne. Il fut membre suppléant et membre titulaire du Conseil de Protectorat de l’Annam. Il faisait aussi partie, depuis 1932 de la Chambre Mixte de Commerce et d’Agriculture de Tourane et, depuis 1932, de la Commission Municipale de Huê. De sa première épouse, Jeanne Derobert, il eut quatre enfants : Henri, René, Aimée et Edmond. A la mort de Jeanne, il se remaria avec Marcelle Fourel qui lui donna un fils, Jacques. (Comité de Rédaction et Edmond Morin) Sur l’hôtel Morin de Hué, voir AP3561. Sur : l’hôtel Guérin (Le Grand Hôtel) devient l’hôtel Morin, voir AP0272.

Mots Clefs : Hué 1931 Portrait Hôtel Morin Morin, Wladimir