AP1901-Despierres

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Titre : Hué, 1932 – La Citadelle – Vue aérienne

Notice : Sur la Citadelle de Hué, voir AP0032. Vue aérienne de la citadelle prise de l’angle sud-est. De g. à d. on aperçoit au premier plan : le pont Clemenceau ; le marché de Dong Ba ; le canal de Dong Ba que franchit un pont avec, sur la rive gauche, le quartier de Dong Ba, et, sur la rive droite, celui de Gia Hoi. En arrière, les douves et les remparts de l’angle sud-est de la citadelle. Sur les bâtiments de la Cité Impériale, voir AP1923. Notule : Hué – Origine légendaire et emplacement  » Comme dans les contes merveilleux, deux fées ont présidé à la naissance de notre bonne Capitale : ces deux marraines à qui la postérité n’a pas toujours rendu l’hommage qu’elles méritent, ce sont les princesses Huyen Tran, de la dynastie des Tran, et Ngoc Bau, de la famille des Nguyen. Sous les premières dynasties annamites, Hué avec le territoire dans lequel elle est enclavée, faisait partie de l’hinterland cham. Le fleuve Song Gianh servait alors de limite entre l’Annam et le Champa, qui vivaient dans un état de conflit permanent. De longues guerres meurtrières ravageaient périodiquement les deux pays voisins, entrecoupées de courtes trêves. C’est au cours d’un de ces répits momentanés que le roi Tran Nhan Ton, désireux d’établir une paix durable entre les deux pays, fit un voyage diplomatique au Champa. Bien plus, afin de sceller l’accord des deux royaumes par les liens indissolubles de l’hymen, il promit au roi cham Che Man, la main de sa fille Huyen Tran. Celui-ci, pour reconnaître l’honneur d’une telle alliance, offrit en retour deux districts limitrophes de l’Annam : O et Ly, comprenant le Quang Binh, le Quang Tri, le Thua Thien et le Nord du Quang Nam actuel. C’est ainsi que par une belle matinée de printemps de l’année 1307, la princesse Huyen Tran se mit en route vers le Sud pour la grande aventure. On comprend l’état d’âme de cette jeune princesse qui avait vécu jusque-là choyée, adulée, à l’ombre des lambris dorés et qui, du jour au lendemain, fut obligée de quitter tout ce qu’elle avait de plus cher au monde : son pays, sa famille, la vie de cour, si belle et si pleine de charme pour aller vers une destinée inconnue. Mais la volonté paternelle avait parlé, la raison d’Etat exigeait ce sacrifice et elle dut s’incliner. On rapporte que sur la route de l’exil, au moment de la traversée du Col des Nuages, la princesse fit arrêter son escorte au sommet du col et y resta plusieurs jours, tournée vers le Nord, en contemplation de sa patrie lointaine. Une année après, le roi cham Che Man mourut. Les coutumes du pays voulaient que le jour de l’incinération des dépouilles du roi défunt, sa veuve montât également sur le bûcher pour suivre les mânes de son époux dans l’autre monde. Averti de cette nouvelle, le roi Tran Anh Ton, qui avait succédé entre temps à son père Tran Nhan Ton, dépêcha le général Tran Khac Chung qui, sous prétexte d’apporter les condoléances et les cadeaux funéraires de la Cour d’Annam, devait chercher à arracher la princesse annamite à l’horrible sort qui l’attendait. Tran Khac Chung réussit dans sa mission et parvint à la ramener saine et sauve. On prétend que sur le chemin du retour, la royale rescapée ne fut pas sans se laisser gagner par quelque tendre sentiment, mêlé de reconnaissance et d’estime envers son sauveur ; mais son honneur de reine, sa dignité de veuve ne devaient souffrir aucune atteinte et elle dut faire taire la voix du coeur. De retour enfin à la terre natale après tant d’avatars divers, elle demanda à entrer en religion, se retira dans un monastère bouddhique où elle trouvait enfin la paix du coeur et le repos de l’âme, et consacra aux prières et au recueillement une existence qui aurait dû être tissée de soie et d’or. Mais son sacrifice n’aura pas été vain : il a valu à la couronne d’Annam, sans effusion de sang, sans contrepartie d’aucune sorte, quatre de ses plus belles et plus riches provinces, y compris l’emplacement de la Capitale actuelle. (Extrait du BAVH 1944/4 – Hué à travers les âges par Cao Van Chieu)

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1932 – 1933 Vue aérienne Cl. Aéro Militaire Indochine Citadelle