AP1878-Morin-Husson

Titre : Hué, 1950 – Hôtel Morin – Le directeur administratif

Notice : Henri Morin, né en 1918 deviendra directeur de l’hôtel Morin à la suite du décès de son père Wladimir en 1943, qui en fut le fondateur et le premier Directeur depuis 1905. Il sera fraternellement épaulé dans cette fonction par René, Directeur adjoint et Edmond, Directeur technique (voir AP1874). L’Hôtel Morin était un maillon de la chaîne des hôtels Morin fondée par Wladimir Morin. Il avait épousé la fille de riches commerçants. C’est ainsi qu’il entra dans le commerce, profitant de l’aide qu’apportait la France pour encourager la colonisation et la mise en valeur de l’Indochine. Il put installer un hôtel-restaurant à Hué, puis à Tourane, Qui Nhon, Bana, la station d’altitude de Tourane, et enfin Bach Ma. Les hôtels en bois, furent plus tard remplacés par des bâtiments en dur plus vastes. Chaque hôtel disposait d’une grande surface avant l’heure. On y trouvait de tout, l’alimentation européenne avec vins, boissons, charcuterie, fruits, conserves. Dans les autres rayons, mercerie, prêt à porter, outillage, quincaillerie, lingerie, poste de radio, même des voitures. Les compradores Chinois et Indiens étaient chargés de la représentation de leur congrégation respective. En fait ils étaient responsables et répondaient de leurs coreligionnaires dans toutes les tractations commerciales entre la maison Morin, et les commerçants Chinois et Indiens. Toutes les banques faisaient de même. Il y avait un garage, un cinéma , un salon de coiffure. Enfin, tout ce qui pouvait aider et faciliter la vie des coloniaux. L’hôtel jouait aussi le rôle de banquier en dépannant les gens qui avaient besoin d’une aide financière, surtout au retour des congés. On arrivait à se sentir les obligés de ce commerçant hors du commun tant il était présent dans la vie coloniale. Il avait pour devise : « Je vous prends du berceau au cercueil » Ses enfants étaient répartis dans les différents hôtels et il tenait d’une main ferme tout son monde. A la mort de sa première femme, une eura­sienne, il épousa en seconde noce, Marcelle, dont il eut un fils. Bien blanc celui là et unique, ce fut un enfant gâté par sa mère. La richesse de son mari n’avait pas monté la tête de Marcelle qui en toute circonstance tenait un rôle que je qualifierai d’ef­facé mais d’une gentillesse remarquable. Elle gâtait son fils. Quand j’allais à l’Ecole Française, son fils, né le 14 février 1931, partait de chez lui, ( sa maison se trouvait derrière l’hôtel dans la rue Richard) à califourchon sur un poney, conduit par le palefrenier jusqu’à l’école Jeanne D’Arc, à cent cinquante mètres de là. Cette école était tenue par les soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Elles dirigeaient en plus un dispensaire. L’école primaire etait mixte, le collège était réservé aux filles, pensionnaires, pour la plupart. Les broussards pouvaient donc sans crainte y mettre leur fille en pension pour suivre les classes secondaires. D’après Jacques Desmarets) Sur l’Hôtel Morin de Hué – Liste du personnel en 1950, voir AP1832. Sur l’Hôtel Morin de Hué, voir AP3561. Sur l’Hôtel Guérin (Le Grand Hôtel) devient l’hôtel Morin”, voir AP0272.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1950 Hôtel Morin