AP1678-Desmarets

AP1678-Desmarets

Titre : Hué, 1936 - Parc de la rive gauche - Fontaine des dragons

Notice : Aménagement de la rive gauche de la Rivière des Parfums. Ingénieur Raoul Desmarets. Photo prise le jour de l'inauguration (2 Décembre 1936). (Voir AP1647 et AP1648) Sur la biographie de Raoul Desmarets, voir AP1660. Notule : Le dragon, motif de l’art ornemental annamite " Les principaux motifs d’art relevés à Hué sont : Le dragon ; le phénix ; la tortue ; la licorne ; la chauve-souris ; un animal indéterminé ; le tourne-soleil ; le lotus ; les huit objets précieux : pinceaux guitare, courge, etc. ; le paysage animé ; la chaîne ; la grecque ; l’ove, la perle, le chapelet ; les glands à olives et franges ; les sujets à base florale… Cette nomenclature est forcément incomplète. Les lacunes seront comblées au fur et à mesure que les recherches en cours des AVH feront découvrir de nouveaux sujets …/… Le dragon a laissé dans tous les pays asiatiques une empreinte ineffaçable que l’on trouve partout où le génie artistique de la race a l’occasion de se manifester. Le meuble sous toutes ses formes : rituel ou profane, la pagode, les habitations particulières, les stèles, les vases, les plateaux, les boîtes, sont ornementés de cet emblème exécuté quelquefois avec une inhabileté de novice, mais traité le plus souvent avec une incomparable maîtrise. …/… Le dragon complet de profil. Ses caractéristiques se définissent par : corps de serpent à une ou plusieurs courbes (généralement trois pour l’ensemble du sujet : une pour le cou, une pour le corps et une pour la queue) situées dans un même plan vertical ; pourvu d’une crête ayant une certaine analogie avec celle du caméléon ; queue en panache à plusieurs touffes de poils formant un disque étoilé à plusieurs branches ; tête à crinière formée de plusieurs bouquets chevelus et surmontée de deux cornes ramifiées, courtes et légèrement recourbées en arrière ; faciès de carnassier à la mâchoire puissante ; bouche ouverte ou fermée ; quatre jambes courbes, fortes et nerveuses, armées de griffes plus ou moins accentuées. Le dragon au corps souple, sinueux, aux multiples ondulations, se prête à toutes les conceptions, à tous les caprices de l’artiste, qui, suivant son inspiration et sa fantaisie, l’utilise comme motif frontal des portes, des toitures, des stèles, des meubles rituels ou profanes, l’inscrit dans les cartouches, dans les caissons ornementaux de forme carrée, rectangulaire, triangulaire, ronde ou ovale. Et il faut avouer que l'Annamite sait tirer de cet unique sujet des motifs multiples, élégants, gracieux, aux lignes hardies, quoique parfois un peu confuses par leur complication. Jadis, le dragon d’ornementation se subdivisait en plusieurs catégories différenciées entre elles par le nombre de griffes et de bouquets de poils à la crinière et à la queue et le degré de perfection dans l’achèvement. Le dragon dans lequel les griffes et les touffes de poils étaient au nombre de cinq était un emblème exclusivement réservé au Roi et au culte. Le sujet était fini dans ses moindres détails. Il était interdit de l’employer pour l’usage privé. Le dragon a trois ou quatre éléments (griffes, crinière et queue) était dévolu à l’aristocratie et à la classe aisée. Il pouvait être plus ou moins soigné, mais n’était jamais complètement orné. Avec l’homme du peuple, les griffes devaient être cachées…/…" (Capitaine P. Albrecht, de l’Infanterie Coloniale - BAVH 1915) Voir AP001647 et AP001648.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1936 - Décembre Travaux publics Parcs et jardins Rivière des Parfums