AP1598-Sogny-Marien

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Titre : Annam, Phu Qui, 1932 – Officiels sur le perron de la délégation

Notice : Au centre, S.E. Nguyen Huu Bai ; à droite marqué d’une croix : Léon Sogny ; M. Haelewyn. Jean Haelewyn est alors Chef de Cabinet du Résident Supérieur Yves Châtel. L’année précédente, il assurait, de plus, l’intérim de Léon Sogny comme Chef de la Sûreté (Voir BAVH N°9 avril 2005) Phu Qui est une délégation de la province du Nghe An, à environ 150 km au nord-ouest de Vinh, dans une région habitée par des Tai. (Voir BAVH 1941 II – La forêt en Indochine) Notule : S.E. Nguyen Huu Bai « …/…Ce fut certainement le plus illustre des morts de ces dernières années, dans le mandarinat contemporain. Le 28 juillet 1935 à 2h 25 du matin, rendit le dernier soupir l’un des plus hauts mandarins de la Cour, l’ancien Premier Ministre qui, comblé d’honneurs, a dominé de haut pendant une très longue période, ces derniers temps, toute l’histoire du mandarinat, et même celle du Gouvernement de Hué. S.E. Nguyen Huu Bai naquit en la 15e année de Tu Duc (1863) ; sa famille était originaire du village de Qui Huong, « le précieux village », terroir d’origine des Empereurs de la Dynastie. Mais elle s’inscrivit par la suite au rôle d’un village de la province de Quang Tri, celui de Cao, canton de Xuan Hoa, Phu de Vinh Linh. Les propriétés et résidences de Son Excellence, érigées en duché, se trouvent à Phuoc Mon, Phu de Hai Lang, même province. Les débuts de sa carrière furent aussi modestes que le couronnement en devait être éclatant. Ce fut un simple « Si Nhan », comme on dit, c’est-à-dire un étudiant, sans titre conquis aux concours triennaux ni diplômes récoltés dans l’enseignement français ou franco-annamite, qui, à l’âge de 20 ans, obtint sa nomination comme Thua Phai (Secrétaire) au Thuong Bac, ce service chargé des relations avec les étrangers, qui s’élevait, sous le règne de Tu Duc, au bord de la Rivière des Parfums, et qui fonctionnait dans la maison des Hau Bo, aujourd’hui habitée par S. E. Pham Quynh. On était en la 36e année du règne de S.M. Tu Duc (1883). Le jeune Thua Phai, intelligent et observateur, devait commencer à faire acquisition, dans ce service diplomatique, d’une précieuse expérience. Les temps étaient troublés. Le pays d’Annam allait succomber au choc occidental. Le traité de Protectorat devait être signé un an plus tard. Une théorie de rois fantômes, de rois martyrs, se succédaient, aussitôt Tu Duc décédé. Dans ce désordre, en la première année du règne de S.M. Ham Nghi (1885), le Thua Phai Nguyen Huu Bai se retira, cessant ses fonctions avec beaucoup d’autres fonctionnaires, que l’arrêt du fonctionnement des services administratifs du pays libérait. S.M. Dong Khanh ne tarda pas à rétablir l’ordre avec le concours du Protectorat. Les services publics recommencèrent à fonctionner. Bientôt, on vit le jeune et distingué lettré reprendre sa place. Il n’y eut qu’une différence : comme si le destin s’ingéniait, en ces années de formation, et, on peut le dire, d’apprentissage, à fournir à un esprit d’élite des occasions d’enrichir ses talents par la pratique de formes d’activité variées, l’ancien collaborateur du Thuong Bac passa de la rive gauche à la rive droite du fleuve, ayant accès cette fois dans les bureaux de la Résidence Supérieure de France. Il y fut Ky Luc Kiem Thông Su, « Lettré et à la fois Interprète ». En 1886, l’Interprète Nguyen Huu Bai accompagna une mission française de délimitation de frontières vers le Nord entre le Tonkin et la Chine, puis encore des colonnes militaires françaises de pacification au Haut-Tonkin. …/… » Après le décès de S.M. Khai Dinh, S.E. Nguyen Huu Bai garda ce titre et partagea avec le Régent S.E. Ton That Han qui était le chef des Rites du Royaume et le Suprême Officiant, la charge de collaborer avec le Protectorat en l’absence du Souverain qui continuait ses études en France. En 1930, les événements communistes du Nghe-Tinh virent S.E. Nguyen Huu Bai, avec un calme courage et une indomptable énergie, à côté du Gouverneur Général intérimaire M. René Robin et de M. le Résident Supérieur Chatel, apporter sa haute autorité morale à aider l’œuvre de pacification. Il reçut, avec la Cour et le Protectorat, le Ministre des Colonies, M. Paul Reynaud, à Hué en Novembre 1931. Il fut de ceux qui contribuèrent à faire hâter le retour du Souverain, souhaité par toute la population. (Extrait du BAVH 1939/2 : Quelques mandarins d’hier, par Nguyen Tien Lang, Chef de Bureau au Cabinet de Sa Majesté)

Mots Clefs : Annam Nghe An Phu Qui 1932 Manifestation officielle – Lettré