AP1547-Sogny-Marien

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Titre : Hué, 1925 – Fête en l’honneur du jubilé de Mgr Allys (1)

Notice : Photo prise à l’occasion du Jubilé de Mgr Allys, évêque de « Cochinchine septentrionale ». Le 15 octobre 1925, dans la cathédrale de Phu Cam, à Hué, se déroulèrent les fêtes du Jubilé de Mgr Allys. En effet, celui-ci avait été ordonné prêtre au Séminaire des Missions Etrangères de Paris le 10 octobre 1875. Sur les Missions Etrangères de Paris, voir AP1473. Notule : Monseigneur Allys, vicaire apostolique de Hué Eugène-Marie-Joseph Allys naquit à Paimpont, dans le diocèse de Rennes en 1852. Entré au séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1872, il y fut ordonné prêtre en octobre 1875 et partit le 16 décembre de la même année pour la Mission de Cochinchine septentrionale. Il y fut accueilli par Mgr Sohier, alors vicaire apostolique, qui lui confia le soin de la Sainte Enfance de Kim Long pour s’occuper des orphelins et se plonger dans l’étude de la langue. En 1876, Mgr Pontvianne, qui avait succédé à Mgr Sohier, le nomma Supérieur du grand séminaire, charge qu’il remplit jusqu’en 1880. A cette date, Mgr Caspar, qui avait remplacé Mgr Pontvianne, le désigna au poste de Duong Son, vieille chrétienté qui avait été le champ d’action du bienheureux François Jaccard. En 1883, la région de Hué fut le théâtre de violentes persécutions et de nombreux chrétiens furent massacrés. La paroisse de Duong Son, par bonheur, fut épargnée. Ces persécutions reprirent de plus belle en 1885, après la prise de la citadelle de Hué par le général de Courcy et la fuite du roi Ham Nghi. La « révolte des lettrés » souleva le pays contre les Français et les chrétiens. Dans la paroisse de Quang Tri, ce fut un véritable désastre ; plus de la moitié des chrétiens furent massacrés et toutes les chrétientés détruites. M. Allys séjourna dans cette région pendant toute cette période pour apporter son aide matérielle et son soutien spirituel à ses paroissiens éprouvés. Il fut alors nommé curé de Phu Cam et chef du district du Ben Thuy. Phu Cam comptait alors à peine 500 chrétiens et le district était formé de quelques chrétientés dont la plupart avait été décimée par les persécutions. M. Allys se mit au travail pour relever les ruines et, quand il quitta ce poste en 1910, le district comptait plus de 11000 chrétiens. Ces conversions se firent surtout dans la classe pauvre, mais il y en eut aussi parmi les rangs les plus élevés de la société annamite et même parmi les membres de la famille royale. Une petite fille de Minh Mang fut la première à se faire chrétienne. Quand deux autres princes se convertirent, la Cour réagit, fit arrêter et condamner à mort les deux néophytes. M. Allys put leur éviter cette sentence en intervenant auprès du gouverneur général De Lanessan. Le calme revenu, M. Allys continua à se consacrer à la conversion des infidèles tout en s’occupant de la construction à Phu Cam d’une grande église qui fut bénie solennellement en 1902 par Mgr Caspard et consacrée trente ans après par Mgr Chabanon. C’est dans cette église que, le 24 mai 1908, Mgr Allys reçut la consécration épiscopale des mains de Mgr Mossard, vicaire apostolique de Saïgon. Pendant les 23 ans qu’il dirigea la Mission de Hué, il s’occupa activement de protection de l’enfance, de conversion, d’éducation des jeunes et de soins à apporter aux malades. En 1921, il fonda à Hué la Congrégation des Filles de Marie Immaculée, chargée de s’occuper d’écoles, d’orphelinats et de dispensaires. Les Petits Frères du Sacré-cœur de Jésus, autre congrégation fondée par lui, étaient également chargés de l’instruction des catéchumènes. Il fonda l’Institut de la Providence et ouvrit le monastère cistercien de Phuoc Son. Ses belles qualités, reconnues par tous, lui valurent de nombreux honneurs officiels. Il fut promu chevalier de la Légion d’honneur et Kim Khanh hors classe en 1921. A l’occasion de ses noces sacerdotales en 1925, le vénérable prélat fut nommé Grand Officier du Dragon d’Annam et reçut du Souverain Pontife le titre d’assistant au Trône Pontifical. Ces fêtes du Jubilé furent splendides. Le résident supérieur P. Pasquier prononça une chaleureuse allocution dans laquelle il déclara : « Quand le gouvernement de la République a mis sur votre robe violette le point rouge de la Légion d’Honneur, c’est qu’il voulut récompenser en vous les fortes et solides vertus de chez nous. Ces vertus vous les portez à la française, avec une crânerie qui ne perd jamais son sourire, avec une vivacité qui va jusqu’à la pétulance, avec un optimisme qui souffle sur toutes les flammes vacillantes ». En 1931, devenu presque aveugle, il passa les rênes à son coadjuteur, Mgr Chabanon et passa les cinq dernières années de sa vie dans la retraite, au milieu de sa mission. Il s’éteignit le 23 avril 1936 et fut enterré dans le cimetière de Phu Cam, à l’ombre de la cathédrale qu’il avait bâtie et au milieu des fidèles de cette paroisse qu’il avait tant aimés. (Renseignements communiqués par le R.P. Moussay, archiviste des Missions Etrangères de Paris) Sur la cathédrale de Phu Cam, voir AP0734. Sur l’Institut de la Providence, voir AP1141.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1925 Manifestation officielle Religion catholique