AP1494-Sallet

AP1494-Sallet

Titre : Marseille, 1922 – Porte d’Annam… à Marseille

Notice : Carte postale sans nom d’éditeur. Notule : Expositions coloniales en France La France avait des colonies dans toutes les parties du monde. Elle entendait y mener « sa mission civilisatrice ». Il était donc normal qu’elle s’efforçât de faire connaître son oeuvre coloniale au public aussi bien français qu’international. Des expositions coloniales furent organisées dans ce but. Déjà les grandes expositions universelles du 19ème siècle avaient permis de présenter les produits, les hommes et les réalisations dans ces pays. Elles avaient également été l’occasion de faire connaître la France aux « élites » de ces pays, en invitant leurs « souverains » et leurs chefs traditionnels à Paris. L’exposition universelle de 1878 avait son pavillon de l’Indochine, Celle de 1889 (l’année de la tour Eiffel) présentait des pavillons pour chacun des territoires et offrait aux visiteurs des déplacements en pousse-pousse. A l’exposition universelle de 1900, on exhiba même des « sauvages » Moï, armés de lances de coupe-coupe et d’arbalètes. Le succès remporté par l’exposition organisée en 1903-1903 à Hanoï par Paul Doumer et son successeur Paul Beau incita les autorités métropolitaines à organiser des expositions coloniales en France. La première eut lieu à Marseille, d’avril à nvembre 1906. Marseille, « porte de l’Orient » était le lieu tout désigné pour une telle manifestation. Elle connut un grand succès. Elle fut suivie par une exposition à Vincennes en 1907 (voir AP1477), pour laquelle un village annamite fut intégralement reconstitué dans les jardins de l’Institut d’Agronomie Tropicale de Vincennes. Marseille prit la suite en 1922. Le 16 avril 1922, l’Exposition coloniale de Marseille a été inaugurée par M. Albert Sarraut, ministre des Colonies, et par M. Dior, ministre du Commerce et de l’Industrie, les travaux n’étant pas encore complètement terminés. Le mois suivant, une consécration plus solennelle sera apportée par la visite du président de la République lui-même, à son retour d’Afrique du Nord. C’est la deuxième fois depuis le début du siècle que Marseille prend l’initiative de présenter un « tableau pittoresque et instructif de l’activité coloniale française ». Déjà, en 1906, une exposition du même genre y avait été organisée par Charles Roux. Celle de 1922 a eu pour animateur M. Adrien Arthaud, président honoraire de la chambre de commerce de Marseille, député des Bouches-du-Rhône. Elle s’étend sur le même terrain, dans le beau parc Amable-Chanot, mais elle occupe, cette fois, 36 hectares au lieu de 23. Nos possessions ou nos protectorats d’outre-mer ont rivalisé de recherche artistique et de somptuosité pour évoquer leurs richesses… Ainsi sont réunies et évoquées côte à côte les plus lointaines civilisations que la France est venue revivifier d’un souffle moderne. Mais on trouvera là aussi un aperçu de tout ce que la métropole peut tirer de ces immenses domaines qui s’offrent à son activité. L’Exposition de Marseille est particulièrement opportune à l’heure où la mise en valeur de nos colonies, qui préoccupe de bon droit le gouvernement et l’opinion, vient de faire l’objet d’un programme précis et complet… » (Extrait de « L’Illustration » – numéro d’avril 1922) L’Indochine y était largement représentée. On pouvait se promener en pousse-pousse dans les rues d’un village annamite (voir AP1500) et admirer une reproduction de la pagode Mot Cot (voir AP1495). Mais le clou de l’exposition était sans conteste la reproduction du monument d’Angkor Vat (voir AP1496 à AP1499). La dernière et la plus importante manifestation internationale fut l’Exposition Coloniale de Marseille de 1931. Dans la colonie, elle mobilisa toutes les énergies ; les savants et les experts,dont le docteur Sallet (voir AP0340), multiplièrent les études et les publications, les musées, dont le musée Khai Dinh de Hué (voir AP0582), envoyèrent des œuvres d’art. S.E. Ton That Han présidait la délégation annamite (voir AP0648). Le succès fut à la hauteur des espérances et le ministre des colonies Paul Reynaud put s’embarquer pour l’Indochine sans appréhension, malgré l’agitation révolutionnaire qui commençait à s’y manifester (voir AP0075). (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : France Marseille 1922 Carte postale Exposition Coloniale