AP1474-Sallet

AP1474-Sallet

Titre : Tonkin, 1920 – Indigène fumant l’opium

Notice : Carte postale n°3017 de la troisième série de la collection Dieulefils. Sur la collection de cartes postales éditées par Dieulefils, voir AP1124. Notule : Opium – Position du fumeur et manière de fumer « …/…Le fumeur, étendu sur le lit de camp, est couché sur le côté gauche, la tête soutenue par un oreiller ; de sa main droite il prend, avec l’extrémité effilée de l’aiguille, une goutte de chandoo, qu’il présente au-dessus de la lampe, en faisant subir un mouvement de rotation continue à l’aiguille entre le pouce et l’index. Ainsi, l’extrait demi-fluide ne tombe pas et s’évapore : la boulette d’opium se gonfle, se boursoufle, se dore, grésille et répand un parfum pénétrant. Lorsque la pâte est devenue assez dense, on la retrempe dans la boîte à opium pour en prendre une nouvelle dose qui se superpose à la première ; et on recommence la même opération plusieurs fois, jusqu’à ce que la boulette au bout de l’aiguille ait acquis la grosseur d’une noisette. Parvenue à la consistance voulue, la pâte malaxée est roulée en boule sur le fourneau ; on la présente régulièrement à la flamme pour la conserver molle et lui donner la forme d’un cône minuscule. Cette préparation obtenue, le fumeur l’écrase d’un seul coup sur le fourneau, en poussant à fond l’aiguille qui, retirée doucement ou brusquement, laisse alors la boulette transpercée et collée au fourneau. Le fumeur allume ensuite la pipe à la flamme de la petite lampe, puis l’approche de sa bouche, en aspirant d’un seul trait et d’une longue inspiration la précieuse vapeur jusqu’à ce que la pipe soit terminée. Les Asiatiques préfèrent en général inhaler la fumée par petites gorgées. Cette préparation ne demande guère plus d’une minute à un fumeur exercé. Dans un deuxième temps, on gratte le « dross » collé à l’intérieur du fourneau, qu’on nettoie à l’éponge ou avec un linge mouillé. On recommence ensuite avec la même pipe et le même fourneau, ou, mieux, on se sert d’une autre pipe et d’un autre fourneau. Un point délicat et qui ne s’acquiert que par la pratique, est celui où l’on doit retirer la boulette de la flamme : un temps trop court ne permet pas à l’opium de se déshydrater suffisamment, et une seconde de plus suffit pour la brûler. A ce moment, le fumeur présente à la flamme une partie de la surface du fourneau, sur laquelle il malaxe, lorsque la température est devenue assez élevée, la boulette qu’il tient à l’extrémité de son aiguille. Pour que le refroidissement n’arrive pas trop vide, cette opération se pratique toujours au-dessus de la lampe. L’opium prend alors une belle couleur marron-clair ou d’un brun doré, en exhalant une odeur agréable de noisette grillée. On voit par cette description combien la pipe à opium diffère essentiellement de la pipe à tabac : contrairement à celui-ci, l’opium ne doit jamais entrer en « ignition », et la température de la flamme doit rester faible pour qu’il ne se carbonise pas. Mat Gioi (A. de Pouvourville) insiste avec raison sur le plus ou moins de cuisson de la pipe à fumer, car, dit-il, « les alcaloïdes très délicats qui composent la drogue, subissent des transformations et des dépréciations incalculables pour un instant de plus ou de moins d’exposition à la flamme. » En résumé, il importe d’obtenir un opium cuit avec homogénéité. Ce n’est que par une grande habitude et après des insuccès plus ou moins nombreux, que l’on arrive à préparer et à former de « bonnes » pipes, car c’est tout un art que de fumer l’opium dans des conditions optima. Tel est le motif pour lequel certains fumeurs préfèrent recourir à des professionnels, généralement des serviteurs indigènes dressés à cette minutieuse besogne…/… (Docteurs Gaide et Neuberger – BAVH 1938/2 – Le visage inconnu de l’opium) Sur Distractions et loisirs, voir AP3920.

Mots Clefs : Tonkin 1920 Carte postale Fumerie Opium