AP1425-Sallet

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Titre : Saïgon, 1910 – Hôtel de ville – Façade

Notice : Carte postale coloriée n°102 de la collection A.F.Decoly à Saïgon. Notule : Hôtel de ville de Saïgon Jamais il n’y eut à Saïgon d’édifice public dont la construction ait rencontré autant d’obstacles que l’ancien hôtel de ville. Destiné à servir de lieu de travail au maire et de salle de réunion du Conseil municipal, il a fait l’objet de près de 16 ans de délibérations animées, de démarches lentes et de discussions interminables. Il changea à plusieurs reprises d’emplacements (on projeta de le bâtir à l’endroit du Palais de justice actuel, sur le boulevard Bonard (Lê Loi), puis finalement sur son lieu actuel (rue Lê Thanh Tôn), d’architectes (Codry, Métayer, Gardès) et de plans « demandés, acceptés, refusés, repris, modifiés, perdus, retrouvés ». En résumé, les travaux de construction, malgré les obstacles, n’ont duré que neuf ans, cependant que le premier projet remontait à 1871, soit près de 40 ans avant son achèvement. C’est presque le double du temps qu’il fallut pour assécher le Grand Canal aux eaux stagnantes et nauséabondes, comblé en 1887, aujourd’hui boulevard Nguyên Huê. Après son inauguration, l’ancien hôtel de ville fut en butte à des critiques sévères de la part des Français quant à sa construction coûteuse, son architecture de style « Renaissance italienne », et sa décoration surchargée qui le faisait ressembler à « une pièce de pâtisserie ». Aujourd’hui, il est le siège du Comité populaire de Hôchiminh-Ville et une des anciennes constructions typiques de l’art colonial français, avec le Musée de la révolution de HCM-Ville (ancien palais du gouverneur de la Cochinchine, et ultérieurement palais Gia Long) et le palais de Justice… pour ne citer que quelques-uns des édifices publics. Quoiqu’il en soit, l’ancien hôtel de ville de Saïgon, de par sa position avantageuse dominant tout le boulevard Nguyên Huê jusqu’au quai fut le témoin de nombreux événements historiques. Devant ses murs se sont déroulées les péripéties de la lutte du peuple saïgonnais pour l’indépendance et l’unification du Viêt Nam. Le premier projet de construction d’un hôtel de ville remonte à 1871. Le Conseil municipal de Saïgon logeait provisoirement dans l’aile gauche du Cosmopolitan Hôtel de trois étages du richissime Chinois Wangtai depuis novembre 1868. Après le choix de l’emplacement dans la partie haute du boulevard Charner (Nguyên Huê), un concours de plans dont le lauréat fut l’architecte Codry et la décision sur l’orientation du futur édifice, tout semblait marcher comme sur des roulettes quand tout à coup, sans raison, le Conseil municipal décida d’arrêter les travaux après la pose de la première pierre en 1873. Dès la fin de cette année, on fit appel à un autre architecte, Métayer, pour de nouveaux plans englobant également le Tribunal et la Chambre de commerce, mais par suite d’un refus de fournir les fonds promis, l’architecte dut refaire ses plans avec quelques changements. Finalement, on abandonna l’idée de construire en raison du manque d’argent et fin 1874 le Conseil municipal acheta et utilisa provisoirement la maison Berthelier, sise à l’angle des rues Catinat (Dông Khoi) et Bonard (Lê Loi), en remplacement de la maison Wangtai. L’endroit initialement prévu pour l’hôtel de ville devint un lieu de dépôt de matériaux du Service des travaux publics. En 1880, le maire Blancsubé tenta de ressusciter le projet, mais en vain et, en 1888, les plans furent égarés. On croyait à l’abandon total du projet, mais cinq ans plus tard, en 1893, la nécessité d’un hôtel de ville revint à l’ordre du jour. De 1894 à 1896 on délibéra de nouveau autour du choix de l’emplacement limitant au mieux les dommages des terrains occupés et des édifices voisins. Puis, sans qu’on s’y attende, toutes les difficultés furent aplanies et entre 1898 et 1899, on commença à bâtir, d’après les plans de l’architecte Gardès, primés en 1896, sur le terrain choisi au tout début en 1871, bien qu’en 1895 le Conseil municipal en ait accepté un sur le boulevard Bonard, et un troisième qui était celui du palais de Justice actuel. Des travaux de sculpture, peinture et décoration furent confiés à l’artiste Ruffia. La réalisation fut encore difficile. Le conseil municipal en vint même, en 1907, à charger la maison Bonnet d’achever les peintures de Ruffia dont le contrat était rompu ; mais l’ensemble ne fut terminé qu’en 1908.

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1910 Carte postale Mairie – Hôtel de ville Architecture coloniale