AP1420-Sallet

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Titre : Saïgon, 1910 – Entrée du Palais du Gouverneur

Notice : Carte postale éditée par les Imprimeries Réunies de Nancy et portant le n°5 bis. Les imprimeries réunies de Nancy ont édité de nombreuses cartes postales de l’Indochine, sous leur propre nom ou associées à des éditeurs locaux : Dieulefils, Poujade de Ladevèze. Notule : Le palais des gouverneurs à Saïgon – Etapes de la construction Le 3 février 1865, on pouvait lire dans le « Courrier de Saïgon », journal fondé par l’amiral de La Grandière, le communiqué suivant :  » On s’occupe, en ce moment, des premières études relatives à la construction de l’hôtel qui doit servir de résidence définitive au Gouverneur. Un appel a été fait aux artistes et un prix de 4000 francs a été voté comme récompense à offrir à l’auteur de meilleur projet. Un emplacement de 15 hectares environ, choisi sur la partie culminante du plateau de Saigon, dans une situation très agréable, est destiné à contenir l’hôtel et ses dépendances, ainsi que les parcs, les jardins, les pelouses. Les arbres sont en assez petit nombre sur ce terrain, tout y est donc à créer. C’est un champ vaste et fertile ouvert à l’imagination des artistes. Espérons qu’elle ne demeurera pas inactive et que nous verrons bientôt s’élever les assises d’un édifice plus digne du chef de notre colonie, que les baraques provisoires qu’il habite en ce moment « . Ce concours ne reçut qu’une seule réponse qui fut jugée insuffisante. En 1866, Fleury, architecte-voyer de la Cochinchine, soumit une proposition qui prévoyait d’utiliser du granit venu de France pour les soubassements et de la pierre de Bourgogne pour les sculptures. Cette proposition fut également repoussée. Le 20 avril 1865, le « Courrier de Saïgon », dans sa rubrique des nouvelles et des faits divers, faisait de nouveau le point de ce projet : « Peu de personnes ont jusqu’ici répondu à l’appel fait au public au sujet des plans du nouvel hôtel du Gouvernement. Un seul travail (si nous sommes bien informés) avait été présenté au concours. Des nouvelles, puisées à d’autres sources, nous annoncent aujourd’hui que le prochain courrier de Singapore apportera au Gouverneur un plan complet, rédigé par des architectes expérimentés et qui paraît mériter d’être pris en très sérieuse considération. On ajoute même que des entrepreneurs se présenteraient, en même temps pour l’exécuter. Il est à souhaiter que ce bruit se confirme et qu’à défaut des particuliers, le Gouvernement donne un nouvel essor aux travaux de construction. » Faute de trouver sur place les compétences requises pour l’exécution d’un tel projet, on va donc s’adresser aux responsables des colonies britanniques voisines qui ont déjà une grande expérience en ce domaine. C’est ainsi que le Gouverneur de Singapore et des Détroits communique à Saïgon un projet « qui paraît très approprié au climat et dont on tirera sans doute un parti utile ». Finalement un jeune architecte, Achille-Antoine Hermitte, sorti de l’Ecole des beaux-arts de Paris, lauréat du concours pour l’hôtel de ville de Hong Kong et auteur de la cathédrale de Canton fut engagé avec des appointements de trente-six mille francs annuels. Le dimanche 23 février 1868 eut lieu la pose de la première pierre au milieu d’un nombreux concours de population. Le Gouverneur, accompagné des officiers et fonctionnaires présents à Saigon, présidait cette cérémonie. Après une allocution de l’évêque, Mgr Miche, le gouverneur retraça en quelques mots les phases rapides par lesquelles était passé le pays pour arriver au développement et à la prospérité qu’il avait atteints. Puis, aidé par M. Hermitte, il procéda à la mise en place de la première pierre, à deux mètres soixante au-dessous du niveau du sol, sur la première couche de terrain solide. Cette pierre était un cube de granit, extrait des carrières de Bien Hoa, de près de cinquante centimètres d’équarrissage renfermant une boîte en plomb qui contenait des pièces neuves en or, en argent et en bronze, à l’effigie de S.M. l’Empereur Napoléon III. Le « Courrier de Saïgon » ajoutait en outre : « Parmi les assistants on remarquait la famille du Gouverneur et plusieurs dames dont les équipages stationnaient à l’entrée du Parc qui entourera le Gouvernement… ; le sol était couvert de matériaux, de blocs de granit, de pierres et de briques destinés à faire partie de l’édifice. Les musiques du Gouvernement et de l’Infanterie de Marine ont augmenté le charme de cette fête, à laquelle n’a pas manqué la bruyante manifestation des fusées et des pétards brûlés par les ouvriers chinois employés sur les chantiers. Le 20 décembre 1868, le même journal décrivait ainsi l’état des travaux du palais : « Les travaux sont en pleine activité malgré la difficulté de main-d’œuvre dans ces localités qui a nécessité de faire venir un atelier complet de Canton et de Hongkong. Les fondations de 3 mètres à 3 m.50 de profondeur cubent ensemble 2436 m.c.848. 2000000 de briques ont été employés ; l’étage du soubassement ayant la partie basse en beau granit bleu de Bien Hoa, est terminé. L’étage au-dessus, formant rez-de-chaussée et où se trouvent les appartements de réception, est arrivé à la hauteur de l’entablement, c’est-à-dire à 10 mètres au-dessus du sol et l’on attend plus que la charpente du plancher bas ou rez-de-chaussée et celle du premier étage pour terminer entièrement, comme gros œuvre jusqu’au premier étage. Si la charpente en fer arrive en temps opportun, on pourra inaugurer ce bâtiment au mois de janvier 1870. L’immense paillote recouvrant et protégeant travaux et travailleurs et dont l’application a été faite pour la première fois dans ces conditions est, nous le pensons, une heureuse innovation dans ces climats ». L’architecte Hermitte quitta l’Indochine en 1869. Il fut remplacé par Eugène Codry, chef des services des bâtiments qui termina les travaux du palais. Celui-ci fut finalement inauguré en 1870. (Comité de Rédaction) Sur le Palais du Gouvernement Général, voir aussi : Destination du monument AP0401 – Les problèmes rencontrés AP3590 – Le boulevard Norodom AP4284. Sur la liste des gouverneurs généraux, voir AP3781. Ce palais du gouvernement est dû à la volonté de l‘amiral de La Grandière. Dès 1863, dans le plan de la ville de Saïgon qu’il fit dresser, un emplacement avait été prévu pour l’édification d’un palais destiné au gouverneur. En 1868, l’amiral en posait solennellement la première pierre. Il ne devait cependant pas assister à son inauguration en 1870, ayant quitté la colonie deux années plus tôt. Ce fut l’amiral Cornulier-Lucinière qui l’inaugura. Quand l’Union indochinoise fut créée en 1886, la capitale fut transférée à Hanoï qui devint le lieu de résidence habituelle des gouverneurs généraux. Ils continuèrent néanmoins à utiliser le palais lors de leurs fréquents séjours à Saïgon. Notule : Gouverneurs militaires et civils de l’Indochine de 1858 à 1887 Amiraux, gouverneurs militaires ( 1858-1879) – Charles Rigaud de Genouilly, de septembre 1858 à octobre 1859 ; – Jean Bernard Jauréguiberry, p.i. du 19 octobre 1859 à mars 1860 ; – Théogène François Page, de mars 1860 au 6 février 1861 ; – Joseph Hyacinthe Louis Jules d’Ariès, intérimaire de Page, d’avril 1860 à février 1861 ; – Léonard Victor Joseph Charner, du 6 février au 29 novembre 1861; – Louis Adolphe Bonard, de novembre 1861 au 16 octobre 1863 ; – Pierre Paul Marie de la Grandière, du 16 octobre 1863 au 5 avril 1868 ; – Marie Gustave Hector Ohier, du 5 avril 1868 au 10 décembre 1869 ; – Joseph Faron, p.i. du 10 décembre 1869 au 9 janvier 1870 ; – Alphonse Jean Claude René de Cornulier-Lucinière, du 9 janvier 1870 au 1er avril 1871 ; – Marie Jules Dupré, du 1er avril 1871 au 16 mars 1874 ; – Jules François Emile Kranz, du 16 mars au 1er décembre 1874 ; – Victor Auguste, baron Duperré, du 1er décembre 1874 au 16 octobre 1877 ; – Louis Charles Georges Jules Lafont, du 16 octobre 1877 au 7 juillet 1879. Gouverneurs civils (1879 – 1887) – Charles Le Myre de Vilers, du 7 juillet 1879 au 7 novembre 1882 ; – Charles Antoine François Thomson, du 7 novembre 1882 à juillet 1885 ; – Charles Auguste Frédéric Bégin, de juillet 1885 à juin 1886 ; – Ange Michel Filippini, de juin 1886 au 22 octobre 1887 ; – Noël Pardon, p.i. du 23 octobre au 2 novembre 1887 ; – Georges Jules Piquet, p.i. du 3 au 15 novembre 1887. A cette date, fut créée l’Union Indochinoise qui fut dirigée par des Gouverneurs généraux. Plus tard, le siège du gouvernement général fut transféré à Hanoï où les gouverneurs généraux résidèrent habituellement. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Cochinchine Saïgon 1910 Carte postale Edifice public – Architecture coloniale Palais – Gouverneurs Généraux