AP1325-Sallet

AP1325-Sallet

Titre : Tonkin, Nam Dinh, 1905 – Vue panoramique – Parages de la gare

Notice : Carte postale n°398 de la deuxième série de la collection Dieulefils. Sur la collection des cartes postales éditées par Dieulefils, voir AP1124. Notule : Ville de Nam Dinh Nam Dinh, à 85 km au SSE de Hanoï, était le chef lieu de la province du même nom et la troisième ville du Tonkin, Sa population s’élevait à 31.000 personnes en 1900, 51.000 en 1922, 90.000 en 1980. Situé sur la rive droite du Song Nam Dinh, rivière du delta qui relie le Fleuve Rouge à son principal affluent le Song Day, Nam Dinh était le second port fluvial du Tonkin, au centre d’une riche région agricole très peuplée et sillonnée d’innombrables cours d’eau (voir AP0255, AP3310, AP 3312, AP 3314). Important centre administratif, avec le siège de la province et de la municipalité, un collège, un hôpital, des banques, Nam Dinh était également une cité commerciale et industrielle très florissante, qui abritait de grosses usines de filature et de tissage de soie et de coton (la cotonnière de Nam Dinh) ainsi qu’une usine des Distilleries de l’Indochine (AP3302, AP3303, AP3305 et AP3307) et une briqueterie. L’ancienne citadelle avait été construite sous Gia Long et réparée sous Minh Mang qui avait fait revêtir de briques les murailles. Il n’en subsistait que le mirador que l’on voit au centre de la photo et devant lequel s’étendait le Camp des lettrés, ainsi que la porte par laquelle pénétra la colonne française en 1883. Le « Mirador », Nang Tinh, édifié en 1833 est un vestige de l’ancienne citadelle élevée en 1804 et démolie en 1891. L’ex citadelle fut escaladée le 11 décembre 1873 par Francis Garnier avec 90 hommes et restituée le 10 janvier 1874 aux autorités annamites. Neuf années plus tard, elle fut reprise par le capitaine de vaisseau Rivière pour assurer ses communications…/… Le pittoresque quartier indigène, les marchés très fréquentés (AP1357), et les quais animés par les va-et-vient incessants des jonques et des chaloupes en faisaient une ville active et vivante. Le médecin major Hocquard (voir AP4660) qui a visité Nam Dinh en 1884 en donne une description qui mérite d’être reproduite, car elle souligne bien l’importance qu’avait déjà alors cette ville : « Nous entrons vers neuf heures dans le canal de Nam Dinh. La ville s’allonge le long des bords de ce canal sur une étendue de plus de 4 kilomètres ; une seule grande rue la traverse dans toute sa longueur, coupée de distance en distance par de petites ruelles qui ont une direction perpendiculaire. Lorsqu’on arrive en plein jour par le fleuve, l’aspect général est fort joli ; les maisons, bâties en briques et recouvertes de tuiles rouges, feraient croire à une ville de France. Les embarcations du pays sillonnent par centaines le canal ou sont amarrées le long de ses bords ; c’est un fouillis de mâts, de voiles, de bateaux de formes curieuses et de toutes dimensions, depuis la vieille jonque de mer échouée sur le sable pour n’en plus bouger jamais, jusqu’à l’alerte et coquet sampan annamite conduit à la perche par de jolies congaïes à la robe flottante, au nez retroussé, à l’œil fripon. …/…Une population dense et affairée encombre les quais. Nam Dinh, qui compte environ 40.000 habitants, entretient avec l’Annam et la Chine méridionale un commerce très important de soieries et de riz. Ce commerce est ici, comme à Haïphong et à Hanoï, tout entier entre les mains des Chinois, qui ont à Nam Dinh une confrérie nombreuse et prospère…./… Le premier Européen que je rencontre en sautant du bateau sur le quai est un jeune Lyonnais, chargé des intérêts d’une grande maison française de soieries et, en ce moment, le seul représentant du commerce européen à Nam Dinh » Nam Dinh était enfin une capitale intellectuelle où se déroulaient les examens triennaux d’accès au mandarinat. Les derniers y eurent lieu en 1908. (Comité de Rédaction) Sur les examens triennaux des lettrés, voir AP1281.

Mots Clefs : Tonkin Nam Dinh Nam Dinh 1905 Carte postale Urbanisme – Poste militaire Hocquard