AP0131-Sallet

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Titre : Tonkin, Bac Kan, 1905 – Le village

Notice : Dans une rue de Bac Kan (ou Bac Can) bordée d’un trottoir de pierre et de maisons couvertes de bambous et de chaume, deux hommes et deux femmes, portant les vêtements traditionnels des Man Tien, comme ceux de la photo AP0020. Notule : Minorités du Nord-Indochinois : Man ou Yao Les Yao de Chine et d’Indochine restent fidèles à l’appellation commune qui, en Chine, ne recouvre pas moins de 28 entités tribales différentes, pour une dizaine en Indochine. L’administration coloniale avait substitué un peu partout au nom de Yao le générique chinois Man pour les « barbares du sud ». Les Man du Viêt Nam appartiennent à deux groupes linguistiques, le « Mien » et le « Moun ». C’est dans une mouvance, faite de dissidence, de répression et de pacification, que certains groupes de Yao n’ont pas hésité à franchir les frontières de l’empire chinois pour trouver refuge dans les pays voisins de l’Indochine. Tous ces groupes ont reçu des populations voisines des appellations locales le plus souvent en rapport avec quelque détail vestimentaire du costume féminin. A ce qu’on croit savoir aujourd’hui, par exemple, les Man Quan Trang sont entrés au Viêt Nam dès le 13e siècle en provenance du Fujian. Les Man Quan Chet , « pantalons serrés », sont venus du Guangdong au 15e siècle. Par contre les Man Thanh Y, « habits bleu indigo », sont venus de Guangdong à Mon Cai à la fin du XVIIème siècle. Une partie d’entre eux atteignit Tuyen Quang. Une autre partie se dirigea vers Yen Bai et Lao Kai où ils devaient devenir les Man Diên « indigo ». Les Man Do « Yao rouges » et les Man Tiên, « Yao à sapèques » sont venus du Guangdong et du Guangxi à la fin du 18e siècle. Les femmes Man Tien portent des colliers faits de sapèques d’argent (tien) tandis que les hommes portent le turban. Les derniers venus, à la fin du 19e et au début du 20e siècle sont les Man Lô Gang « venus après » dans leur langue, ou Man Son Dau « à têtes cirées ». Au Viêt Nam, les Yao de langue « Mien » peuvent se répartir en deux groupes : 1. Les Man Dai Ban (Man Ta pan en chinois « grande planche ») comprenant les Yao rouges, les Man Côc (à turbans en forme de cornes), les Quan Chet etc. 2. Les Man Tiêu Ban (« petite planche ») comprenant les Tiên et les Quan Tiên. Les Yao de langue moun se répartissent en : 1. Les Quan Trang (appelés ainsi en raison des pantalons blancs que leurs filles portent le jour de leurs noces) comprenant aussi les Ho. 2. Les Lan Tien « bleu indigo », comprenant les Thanh Y, les Tuyên etc. (D’après Jacques Lemoine « Montagnards des pays d’Indochine ») Sur la province de Bac Kan voir AP0018. Sur les minorités ethniques du Nord-Indochinois, voir AP0020.

Mots Clefs : Tonkin Bac Kan 1905 Minorité ethnique – Man Village – Vêtement