AP1281-Sallet

AP1281-Sallet

Titre : Tonkin, Nam Dinh, 1903 – Examens triennaux des lettrés

Notice : Carte postale n°419 de la Collection Moreau. Sur la collection Moreau de cartes postales, voir AP1229. Moreau a consacré une série de cartes postales a cet événement important. Le concours représenté est sans doute celui de 1903. Les lauréats se présentent devant la tribune officielle pour la proclamation des résultats. Notule : Examens triennaux des lettrés Le recrutement des mandarins dans le Viêt Nam traditionnel se faisait à la suite d’examens littéraires. Ces examens étaient au nombre de quatre : – les examens provinciaux qui se tenaient tous les six mois aux chefs-lieux de province ; – les examens régionaux qui se tenaient tous les trois ans dans un certain nombre de villes, dont Nam Dinh ; – l’examen de la capitale qui se tenait également tous les trois ans, à la capitale (Hanoï puis Hué) ; – l’examen de la cour qui avait lieu après celui de la capitale. Les examens provinciaux ne donnaient pas droit à des titres de mandarinat, mais les lauréats qui avaient obtenu des notes convenables étaient dispensés de corvées et de service militaire. Ils étaient de plus autorisés à se présenter aux concours régionaux. Les concours régionaux permettaient de conférer aux meilleurs lauréats les titres de bachelier (Tu Tai) ou de licencié (Cu Nhon). Ces derniers pouvaient entrer directement dans l’administration ou se présenter à l’examen de la capitale. Les lauréats de l’examen de la capitale étaient, suivant les notes qu’ils avaient obtenues aux diverses épreuves, inscrits soit sur une « première tablette » (Chanh Ban), soit sur une « seconde tablette » (Pho Ban). Les lauréats de la première tablette étaient autorisés à se présenter à l’examen de la cour. Ceux de la deuxième tablette obtenaient un grade dans le mandarinat. L’examen de la cour avait lieu immédiatement après celui de la capitale. Il se tenait dans le palais du souverain et le sujet était choisi par l’empereur lui-même. Les numéros un, deux et trois de ce suprême concours étaient nommés docteurs du premier degré et proclamés en outre premier, second et troisième lettré. Leurs noms étaient inscrits sur les stèles érigées au Temple de la littérature, le Van Miêu, à Hanoï puis à Hué (voir AP3872) L’administration coloniale mit en place un enseignement franco-indigène et modifia profondément le système des concours, mais il maintint néanmoins pendant un certain temps un examen triennal pour le Tonkin. Celui-ci se déroulait non plus à la capitale mais à Nam Dinh, dans le Camp des lettrés, une vaste enceinte fermée, édifiée en 1845 sous Thiêu Tri. Ce Camp des lettrés était situé derrière la gare (voir AP1325). Les épreuves suivaient le protocole des anciens concours avec un jury composé de mandarins de haut rang et les résultats étaient proclamés par les présidents du jury, juchés sur de hautes estrades (voir AP4135). Le dernier concours triennal eut lieu en 1918. Nam Dinh acquit, du fait de ces concours, la réputation d’une ville de lettrés ce qui lui valut une devise en latin : »Calamo Gloria, Oryza Divitiae » (la gloire par le pinceau, les richesses par le riz). (Comité de Rédaction) Sur la ville de Nam Dinh, voir AP1325. Sur le système du mandarinat, voir AP0413.

Mots Clefs : Tonkin Nam Dinh Nam Dinh 1903 Carte postale Examens triennaux – Lettré – Administration Concours