AP1223-Sallet

AP1223-Sallet

Titre : Annam, Thanh Hoa, 1900 – Vieille pagode avec sujets en pierre

Notice : Carte postale n°740 de la première série (1902-1905) de la collection Dieulefils. Sur la collection de cartes postales éditées par Dieulefils, voir AP1124. Notule : Pagodes et Fêtes En simplifiant on peut dire que les croyances des Annamites sont au fond animistes : le monde est rempli de génies (c’est « l’esprit » de tout corps qui se trouvait sur terre) puissants, de fantômes (les Ma Qui), de démons redoutables (ils représentent la volonté des phénomènes cosmiques). Il ne faut pas mécontenter les derniers, et, parallèlement, il faut rendre favorables les premiers. D’où des quantités de temples où l’on peut faire des offrandes pour en apaiser certains et adresser des prières à d’autres pour s’attirer leurs bonnes grâces. Cela explique le recours constant à des devins qui consultent les sorts, à des astrologues qui fixent dates et lieux pour tous les événements de la vie, voire à des sorciers quand un peu de magie semble nécessaire. D’où aussi le « culte des ancêtres » car ce sont pour chacun les plus proches des génies à honorer : un petit autel existe dans chaque foyer pour y déposer des offrandes et faire des lay (=profondes salutations). L’influence de la culture chinoise (confucianisme, taoïsme, bouddhisme) a donné à ces pratiques un aspect plus intellectuel, plus spéculatif ; mais le fond reste le même. Au sommet, le Souverain est chargé de procéder aux rites voulus vis-à-vis du Ciel pour s’en concéder les bonnes grâces pour le plus grand profit de la collectivité. C’est l’objet du rite le plus important : le « Sacrifice du Nam Giao » (voir AP2945), fait tous les 3 ans par le souverain dans sa capitale, après un isolement et un jeûne de 24 heures. Ce faisant, le mandat du Ciel lui est renouvelé et le Souverain est bien le Fils du Ciel, l’Être Suprême sacré assurant l’équilibre de la vie du Pays sous tous ses aspects. Si cet équilibre ne paraît plus exister, c’est que le Ciel semble retirer son mandat et que les temps sont probablement venus de penser à un changement de souverain, voire de dynastie. La méthode choisie importe peu. Mais le temps nécessaire pour un changement qui plaise au Ciel est quelquefois long, faute d’un savoir-faire correct. Pour remplir les devoirs rituels il faut des lieux de cérémonies. Les Européens les appellent du nom passe-partout de pagodes. Mais les Annamites leur donnent 8 noms différents selon l’usage auquel ils sont destinés : le Dinh (temple réservé au culte du Génie tutélaire du village) ; le Nghe (terre-plein avec autel rustique) ; le Dên ; le Miêu (réservé à des Génies célèbres autres que le Génie du village) ; le Chua (« pagode » bouddhiste) ; etc. Et il faut fixer des dates pour accomplir dignement les rites. (Comité de Rédaction) Sur les lieux du culte traditionnels chez les Annamites, voir AP0782. Sur les fêtes traditionnelles au Viêt Nam (avant 1945), voir AP1557.

Mots Clefs : Annam Thanh Hoa Thanh Hoa 1900 Carte postale Pagode