AP1213-Sallet

AP1213-Sallet

Titre : Annam, sd – Tête de makara « crachant » un guerrier

Notice : Sculpture du Musée Cham de Tourane. Sur le Musée des sculptures cham de Tourane, voir AP0067. Makara : mot sanscrit désignant un monstre mythique aquatique qui emprunte des traits au crocodile, au dauphin et à l’éléphant. On le trouve en médaillon dans les arcs entourant les portes. Les makaras crachent ou avalent des personnages divers, comme ici, sur la photo. Notule : Indianisation de l’Asie du Sud-Est La venue des Hindous en Indochine et dans les îles ne saurait être comparée à celle des Européens en Amérique, car ils n’étaient pas dans ces parages des inconnus découvrant des terres nouvelles. A une certaine époque qu’il faut essayer de dater, à la suite de circonstances qu’on peut tenter de déterminer, un afflux de commerçants et d’émigrants, jusqu’alors isolés, a eu pour résultat la fondation de royaumes hindous pratiquant les arts, les coutumes et les religions de l’Inde et faisant usage du sanskrit comme langue sacrée. …/… Les Hindous n’avaient pas trouvé devant eux des «sauvages» sans aucune espèce de culture, mais au contraire des gens doués d’une certaine civilisation, qui n’était pas sans traits communs avec celle de l’Inde pré-aryenne. La rapidité et la facilité avec lesquelles les Hindous aryanisés propagèrent la leur s’expliquent sans doute en partie par le fait que, dans les moeurs et les croyances de ces immigrants, les autochtones retrouvaient sous un vernis hindou un fonds commun à toute l’Asie des moussons. Il ne s’agissait donc ni d’un contact entre inconnus, ni même d’un premier contact. Si l’hindouisation de l’Inde extérieure apparaît, aux environs du début de l’ère chrétienne, comme un fait nouveau, c’est que les Hindous qui n’en étaient pas à leur premier voyage, mais arrivaient en plus grand nombre, étaient accompagnés pour la première fois par des éléments cultivés capables de répandre les religions et les arts de l’Inde avec la langue sanskrite. L’hindouisation de l’Inde extérieure est la continuation, au-delà des mers, de cette « brahmanisation » ayant son foyer primitif dans l’Inde du Nord-Ouest et qui « commencée bien avant le Bouddha se continue de nos jours au Bengale comme dans le Sud ». Et, en fait, les plus anciennes inscriptions sanskrites de l’Inde extérieure ne sont pas de beaucoup postérieures aux premières inscriptions sanskrites de l’Inde propre. L’hindouisation doit donc s’entendre essentiellement comme l’expansion d’une culture organisée, fondée sur la conception hindoue de la royauté, caractérisée par les cultes hindouistes ou bouddhiques, la mythologie des Puranas, l’observance des harmaçastras, et ayant pour moyen d’expression la langue sanskrite. C’est pourquoi au lieu d’ »hindouisation », on parle parfois de « sanskritisation ». Cette civilisation indienne de l’Asie du Sud-Est qu’on appelle suivant les pays « indo-khmère, indo-javanaise, etc. », est naturellement celle que l’on peut connaître par les documents épigraphiques et archéologiques. C’est celle d’une élite et non celle de l’ensemble de la population dont les croyances, le mode de vie sont encore très insuffisamment connus. Tant qu’on n’en saura pas davantage, il sera vain d’essayer d’arbitrer le conflit opposant ceux pour qui les sociétés indigènes ont conservé sous un vernis indien l’essentiel de leurs caractères originels, à ceux pour qui elles se sont intégrées dans une société de type indien. (George Coedès – Les Etats hindouisés d’Indochine et d’Indonésie, De Boccard, Paris 1964) Sur les sites cham – Classement du Nord au Sud du Viêt Nam, voir AP1957.

Mots Clefs : Annam Quang Nam Tourane Champa Musée cham Carte postale