AP1181-Sallet

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Titre : Hué, 1904 – Palais du Co Mat – Façade (2)

Notice : Carte postale n°95 de la série n°8 de la collection A. Guérin. Sur la collection de cartes postales A.Guérin, voir AP1172. Sur le Co Mat (Conseil Secret), voir AP0032. Notule : Traité de Hué (25 août 1883) « …/…Le lendemain de son arrivée à la Légation de Hué, M. Harmand envoya un long ultimatum au Roi et à tous les membres des Ministères. Il énumère d’abord quelques-uns des nombreux griefs de la France à l’adresse du Gouvernement annamite : fomentation continuelle de troubles en Cochinchine ; refus de délimiter la frontière commune ; fermeture du Fleuve Rouge ; appel et entretien des Pavillons Noirs au Tonkin ; insultes à plusieurs consuls et nationaux français ; intrigues auprès du Gouvernement du Siam et surtout auprès de celui de la Chine au préjudice de la France… , etc. Vous avez, continue-t-il, deux partis à prendre, celui de la guerre ou celui de la paix. La guerre vous ruinerait complètement…. La paix, nous vous l’offrons généreusement aux conditions dont voici les principales. Nous ne voulons pas conquérir votre pays ; mais vous devez accepter notre protectorat. C’est pour votre peuple une garantie de tranquillité, de paix et de richesse ; c’est aussi la seule chance de vie qui reste à votre Gouvernement et à sa noble Cour. Voici nos principales conditions : Cession du Binh Thuan à la Cochinchine en paiement de vos anciennes dettes ; faculté pour nous d’installer des résidents dans les chefs-lieux des provinces tonkinoises, partout où c’est nécessaire ; contrôle de la France sur le revenu des Douanes et la rentrée des impôts « . Suit le canevas d’un traité en 27 articles. M. Harmand donna 24 heures au Gouvernement annamite pour se décider, soit à le rejeter, soit à l’accepter en bloc et sans discussion. Dans la journée du 24 août il y eut quelques pourparlers et explications, et le 25 août 1883 le traité fut signé, d’un côté par M. Harmand au nom de la France, et de l’autre par les deux plénipotentiaires de la Cour d’Annam : Tran Dinh Thuc, Grand Censeur, et Nguyen Trong Hiep, Ministre de l’Intérieur et des Relations Etrangères. En dehors des conditions citées plus haut, la France se réservait l’occupation des forts de Thuan An. Elle exigea le rappel des troupes annamites du Tonkin et l’ouverture de trois ports internationaux : Qui Nhon Tourane et Xuan Dai. Les deux pays devront contribuer à l’entretien de la grande route de Saïgon à Hanoï, et une ligne télégraphique en longera tout le trajet. Le Résident de Hué aura droit d’audience privée et personnelle auprès de S. M. le Roi d’Annam. Tous les autres résidents seront protégés par une garnison française ou indigène suffisante, et seront chargés de la justice entre les Européens de toute nationalité ; ils auront aussi la surveillance sur la perception et l’emploi des impôts. – L’administration des Douanes au Tonkin sera entièrement française. Tout sujet ou protégé français a droit de circuler, de s’établir et de posséder dans toute l’étendue du royaume. La France peut créer des postes militaires le long du Fleuve Rouge, et élever des fortifications permanentes partout où elle le jugera utile. Par contre, la France garantit l’intégrité des états protégés, et les défendra tant contre les agressions du dehors, que contre les révolutions du dedans. Elle se charge à elle seule de chasser les Pavillons Noirs et d’assurer la sécurité du Fleuve Rouge. L’exécution loyale et consciencieuse de ce traité aurait été une garantie de tranquillité, de paix et de richesse pour les deux contractants ; mais d’un côté la France ne sut pas montrer assez d’énergie, de ténacité et d’esprit de suite, pour en exiger l’exécution rigoureuse ; d’un autre côté la Chine, jalouse et dépitée des avantages obtenus par la France, s’efforça de retarder et de compliquer la pacification du Tonkin ; enfin, la plupart des mandarins les plus influents, s’appuyant sur le puissant parti des Lettrés, regardaient ce traité comme non-avenu, et cherchaient à l’éluder et même à l’annuler « per fas et nefas » (« par le juste et l’injuste », c’est-à-dire par tous les moyens possibles), au risque même de ruiner complètement leur patrie. Nguyen Van Thuong s’était récusé de signer ce traité, comme l’avait insinué à plusieurs reprises M. Harmand, afin de pouvoir en rejeter l’odieux sur Nguyen Trong Hiep qui fut plus tard dégradé de ce chef et même condamné à mort. «  (Extrait du BAVH 1941/3 par A. Delvaux des M.E.P.) Sur les bâtiments de la Cité Impériale de Hué, voir AP1923.

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1904 Citadelle Co Mat Carte postale