AP1143-Sallet

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Titre : Hué, 1920 – Le vieux pont de Thanh Long

Notice : Carte postale de la deuxième série de la collection Morin frères portant le numéro MF 20. Sur cette collection, voir AP0028. Notule : Pont Thanh Long ou « Pont de l’Attentat » – Le « Guet-Apens de Hué » Ce nom se rattache aux souvenirs des événements de 1885. Il désigne le pont en maçonnerie qui traverse le Canal impérial à son extrémité Est, sur la ligne du mur de la Citadelle, et, en même temps, mais d’une façon plus exacte, le pont en ciment qui franchit le même canal, à sa jonction avec le canal Est de la Citadelle, sur le prolongement de la rue de Dong Khanh. Le pont intérieur porte, d’après les documents annamites, le nom de Thanh Long et le pont extérieur, soit le même nom, soit celui de Ham Te. Dans la nuit du 4 au 5 Juillet 1885, les canons qui dominaient le pont intérieur furent braqués sur le pont extérieur, par où devaient passer tous les officiers du corps d’occupation. Diverses circonstances firent échouer ce « guet-apens ». Le 23 juillet 1885 à une heure du matin, les canons de la citadelle de Hué ouvrent le feu et une trentaine de milliers d’Annamites attaquent les installations françaises. Le général Roussel de Courcy, nommé depuis peu commandant en chef avec des pouvoirs étendus, est à Hué avec un bataillon de zouaves et 150 chasseurs à pied. Le moment historique restera connu des Français sous le nom de « guet-apens de Hué ». (Le Canal impérial. L. Cadière ; BAVH., 1915) Sur le « Guet-apens de Hué », Le BAVH produit deux documents : – Côté français, le témoignage d’un troupier nommé Antoine Poupard (BAVH 1939) :  » Ce fut en un clin d’oeil un flot humain qui nous tomba dessus avec des cris de sauvages. L’attaque fut brusque et inattendue ; la surprise et le réveil terribles. On se battait pêle-mêle à la baïonnette, à coups de poings, à coups de crosse, bon Dieu ! Que cela fut vite fait et avec quelle ardeur ! A 4 heures du matin, sans commandement, les clairons sonnèrent à la charge ; tous d’un seul élan, officiers et soldats bondîmes dans une charge infernale …/… Furieux d’avoir passé une nuit presque dans l’inaction et d’avoir été attaqués d’une aussi lâche façon, nous marchâmes à l’ennemi, non au pas de charge, mais au pas gymnastique, clouant sur leurs pièces les artilleurs qui mouraient en ouvrant la bouche sans proférer un cri. »…/… – Côté annamite, un poème que nous extrayons de l’article de E. Le Bris « Complainte annamite sur la prise de Hué par les Français » (BAVH 1942) :  » Le 23 au matin, quand il fit vraiment jour, les pirates d’occident commencèrent à sortir de leurs abris. Ils montèrent tout en haut des remparts d’où ils se mirent à tirer sur le Palais du Roi, sur les maisons des mandarins, sur les casernes, sur les troupes massées pour les combats. Les balles allaient semer la mort jusque dans les quartiers et villages des faubourgs. Le Ciel abandonnait visiblement les héros annamites, à qui il ne restait plus qu’à se sauver bien vite pour ne pas tomber sous les coups des traîtres. Depuis l’aube jusqu’à l’heure Ti, les Français avaient tout balayé, et maintenant leur drapeau flottait sur le Cavalier du Roi. A sa vue, les Annamites demeuraient étourdis de désespoir. Comment ? La lutte avait duré quatre heures à peine, et déjà la Nation était perdue ! Des deux côtés de la rue menant au Nouveau Marché, les morts pêle-mêle, jonchaient le sol. Les pauvres habitants, affolés, couraient sans savoir où se cacher. Après avoir pris la Citadelle, les Européens pillèrent la ville «  (Documents rassemblés par le Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1920 Carte postale Pont – Guet-apens de Hué (1885)