AP1133-Sallet

AP1133-Sallet

Titre : Hué, sd – Son Altesse Impériale Vinh Thuy, Prince Héritier

Notice : Son A.I. Vinh Thuy. Prince héritier du trône d’Annam. Carte postale des éditions René Tétart, rue Paul Bert, Hanoï. Titre en français et en vietnamien. Sur cet éditeur , voir AP1127. Notule : Son Altesse Impériale Vinh Thuy, Prince Héritier Le jeune prince est en grande tenue de cérémonie, sans doute celle qu’il portait lors de son investiture au titre de prince héritier. S.M. Bao Dai a raconté Elle-même le déroulement de cette cérémonie :  » Arriva un jour où les membres du Conseil de Ton Nhon et celui du Co Mat proposèrent à l’Empereur Khai Dinh d’élever son fils unique le prince Vinh Thuy à la dignité de prince héritier. Les reines-mères furent consultées et l’Empereur rendit une ordonnance, le 10 mars 1922, investissant le jeune prince et lui octroyant le titre de « Dong Cung Hoang Thai Tu », « Prince héritier de la couronne résidant au Palais de l’Est », ou aussi Palais bleu, « Thanh Cung », de la couleur du printemps et de l’est, « Dong Cung ». Un jour faste fut choisi pour fêter solennellement cette célébration et accomplir les cérémonies rituelles dans les temples des empereurs. La cérémonie du prince héritier fut ainsi fixée au 2e jour du 4e mois de la 7e année du règne de Khai Dinh, le 29 avril 1922. J’avais neuf ans. Deux jours avant cette date, les Ton Tuoc, « nobles appartenant à la famille royale », s’en allèrent annoncer l’événement aux empereurs défunts dans les temples Trieu Mieu, Hung Mieu et The Mieu. Le jour de la cérémonie, de grand matin, dès que le canon eut annoncé l’ouverture des portes du Palais, des mandarins de divers degrés se présentèrent en costume d’apparat afin de garnir les terrasses situées devant la salle du trône, tandis que d’autres allaient chercher les objets destinés aux tables de la salle, un brevet établi sur feuilles d’or, des sceaux d’or solennellement confiés au prince et la proclamation royale. A huit heures du matin, l’Empereur fit son entrée, en chaise à porteurs, parmi un fastueux cortège rituel. Il était en grande tenue. On entendit sept coups de canon. Je me souviens aussi des tambours et des cloches. Aussitôt arriva le Résident supérieur de France, accompagné d’un mandarin du ministère des Rites et escorté par des cavaliers de la Cour. Après les allocutions, mon père se rassit sur le trône, tandis que les dignitaires de la cour venaient en rang se prosterner devant lui, en exécutant les cinq lays rituels. Puis vint mon tour. Après les cinq lays, je m’agenouillai devant le trône en me tenant sur le côté gauche, car personne ne doit se mettre face au souverain. Deux grands mandarins vinrent à leur tour s’agenouiller devant l’Empereur. Ils lurent, l’un le brevet, l’autre les sceaux d’or et me les remirent comme les insignes de ma dignité. A mon tour, je les remis à deux autres mandarins. Après cinq nouvelles prosternations devant mon père pour le remercier, je me retirai dans la salle d’attente. Le lendemain, en tenue Thanh Phuc (robe à larges manches de couleur orangée), je me rendis aux temples consacrés au culte des empereurs défunts, pour accomplir mes salutations de remerciements, puis au Palais des reines-mères et enfin chez ma mère, le reine Huu Phi » (D’après « Le dragon d’Annam, mémoires de S.M. Bao Dai », Plon 1980) Bao Dai reprit son nom de Vinh Thuy en 1946, après son abdication, quand il devint « conseiller suprême » du président Ho Chi Minh (voir AP0853).

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué Carte postale Enfant