AP0010-Sallet

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Titre : Annam, Qui Nhon, 1930 – Vue aérienne

Notice : Au premier plan, la lagune de Thi Nai. Notule : Ville de Qui Nhon Qui Nhon, chef-lieu de la province de Binh Dinh, situé au nord de la baie de Thi Nai, « le marché des salines », est bâtie sur une pointe de sable fermant le goulet d’une rade intérieure s’enfonçant au nord et finissant en lagune peu profonde. Vers l’est, se dresse la presqu’île de Phuong Mai, dont les hauteurs commandent la baie et la rade. Qui Nhon, est le port de Binh Dinh qui fut ouvert au commerce occidental par le traité de 1874. Ce port était fréquenté par des jonques chinoises venant de Soua-t’eou (Chine) et de Hai Nan avec la mousson du nord-est, ou de Singapour à l’époque de celle du sud-ouest. Un service à vapeur régulier le reliait à Haiphong et à Saïgon. Quelques liaisons irréguliéres existaient également avec Hong Kong. Qui Nhon était le débouché naturel de la riche plaine du Binh Dinh et des hauts plateaux de Pleiku et de Kontum. Le trafic à l’exportation portait en particulier sur le sucre brut, la soie grège et le crépon dit de Qui Nhon, ainsi que sur les porcs vivants et la volaille. Mais ce port naturel, de grande importance commerciale, n’offrait aux grands navires qu’un mouillage extérieur mal protégé et le mouillage intérieur, dans la lagune n’était accessible aux petits navires que par un étroit goulet aux courants violents (voir AP3877). La ville européenne s’étendait sur le cordon littoral entre mer et lagune. Une belle plage de sable fin très étendue et ombragée de filaos attirait les touristes qui trouvaient plusieurs hôtels pour les accueillir, dont l’hôtel Morin que l’on aperçoit en haut à gauche de la photo (voir AP1884). A l’entrée de la ville européenne se dressait l’église ; Qui Nhon était le siège d’un évêché. Qui Nhon se trouvait un peu à l’écart de la « route mandarine » (RC n°1) sur une bretelle allant de Binh Dinh à Qui Nhon (voir AP1225). Mais Qui Nhon était le point de départ de la RC n° 19, la meilleure route d’accés vers Kontum par le col d’An Khê et le Deo Mang (voir AP3483). On pouvait également atteindre la ville par la voie des airs, une piste d’atterissage étant aménagée au pied du Nui Ba Hoa. Dans la province de Binh Dinh, on pouvait visiter de nombreux monuments cham (Tours d’Argent, de Cuivre, d’Ivoire). Dans les jardins de la Résidence, ont longtemps été déposés quelques objets, statues, pièces de tympan, décors provenant des ruines cham des environs. Elles ont ensuite été transférées au Musée de Tourane. La ville chinoise, très commerçante, s’étendait à l’Ouest de la ville européenne. (D’après le Guide Madrolle (Indochine du Sud -1939) Qui Nhon est aussi, dans les années 30, un centre de grande effervescence intellectuelle. La riche bibliothèque de la ville est assidûment fréquentée par un jeune poète dont la renommée ne va pas tarder à grandir et qui deviendra bientôt sous le nom de Hàn Mac Tu un des chefs de file de la Nouvelle Poésie et la figure dominante du Groupe de Binh Dinh. Il mourra à 28 ans, en 1940, à la léproserie de Qui Hòa. (Hélène Péras) Voir la photo de l’hôtel Morin de Qui Nhon à AP4977. Sur les tours cham de la province de Binh Dinh, voir AP1958. Sur le poète Han Mac Tu, voir AP4961.

Mots Clefs : Annam Binh Dinh Qui Nhon 1930 Vue aérienne – Paysage urbain Cl. Aéro Militaire Indochine