AP1056-Cosserat-Maurice

AP1056-Cosserat-Maurice

Titre : Hué, 1946-47 – Siège de la ville (1)

Notice : « Impact de mortier sur le toit de la maison voisine, vu depuis la fenêtre de notre chambre à la Providence (Ratou Cosserat) ». Cliché Henri Cosserat. (Voir AP1057) L’institut de la Providence, établissement d’enseignement confessionnel, avait été créé par Mgr. Chabanon (voir AP0007). Notule : Le Siège de Hué (du 19 décembre 1946 au 5 février 1947)  » le 6 avril 1946, le 2ème Bataillon du 21ème RIC, aux ordres du Capitaine Bruge arrive à Hué avec la mission de libérer 1800 civils français concentrés depuis le coup de force japonais du 9 mars 1945. La situation politique est alors de plus en plus difficile et les rapports avec nos adversaires se dégradent progressivement pour aboutir à l’agression de l’ensemble de nos installations dans la nuit du 19 au 20 décembre 1946. La zone que nous défendons est un triangle de 1700 mètres de tour. Nous n’avons mis en place aucune défense accessoire visible. Nos effectifs, réduits d’une centaine du fait des rapatriements normaux sont de 693 marsouins, dont 22 officiers du 2/21ème RIC et de 2 pelotons du 6/ème Cuirassiers. Ces forces sont réparties en 40 postes tenus par des garnisons de 5 à 115 défenseurs. Nous protégeons 526 civils français et 389 Vietnamiens. Du coté adverse, on compte dans la ville et dans les environs 3500 réguliers, 5400 auxiliaires et 200 Siamois qui disposent de fusils, FM, mitrailleuses, de 4 canons de 75 mm. L’adversaire occupe toutes les maisons que nous ne tenons pas. Les positions des 2 parties sont donc étroitement imbriquées et séparées par la largeur d’une rue. Dès le déclenchement de l’attaque, on se bat partout. Les obus de 75 et de 81 pleuvent. Nous devons évacuer le poste de l’Usine Electrique. Au terme d’une journée de combat, nous perdons 6 hommes dont le sous lieutenant Munier, et 6 blessés. Le 29 décembre, un des petits postes d’An Cuu au sud sur la RC1 est incendié et évacué. Suite à nos opérations, mi-janvier, il n’y a plus d’adversaire installé dans le périmètre. Le 25 janvier, le poste d’An Cuu, essentiel pour la protection de la zone de parachutage, est détruit. Les nuits suivantes, des attaques sont menées contre nos postes. Les adversaires occupent et fortifient des maisons vides ; ils sont délogés le jour venu. Le 4 février au matin, la garnison est dégagée par des marsouins et des légionnaires venus de Tourane. Le siège aura duré 47 jours et surtout 47 nuits au cours desquels nous aurons reçu 474 obus de canon de 75 et 376 de mortier de 81. Pendant ce siège, nous perdons 1 officier, 4 sous-officiers, 22 marsouins et 5 civils tués en combattant. Ont été blessés 6 officiers, 25 sous-officiers et 120 marsouins dont 5 à deux reprises. L’ennemi a perdu 572 hommes, 4 FM et 111 fusils. La plupart des morts ont été tués sur le canal de Phu Cam que l’ennemi a appelé la « Rivière de sang ». Le 2ème bataillon du 21ème RIC, a été fidèle à la devise du régiment : « Croche et tient ». (Commandant Albert Marien, acteur essentiel du siège de Hué – Témoignage rédigé pour la NAAVH en 2002)

Mots Clefs : Annam Thua Thien Hué 1946 Siège de Hué (20/12/46-5/2/47) Combat – Bataille