AP1042-Cosserat-Maurice

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Titre : Annam, Tourane, 1936 – Le « Cap Padaran » en rade

Notice : Notule : Le port de Tourane  » Le port de Tourane comprend une partie maritime au fond d’une vaste baie, largement ouverte vers le Nord, et une partie fluviale dans une large rivière dont l’embouchure s’ouvre dans la baie. Malheureusement, l’estuaire de cette rivière s’ensable facilement, ce qui oblige les navires à mouiller au loin, à l’entrée de la rade, aux abords de l’îlot de l’Observatoire. Toutes les opérations du port doivent donc se faire par jonques ou par chalands que des remorqueurs conduisent au port fluvial. Les communications entre la rade et le port fluvial présentent, elles-mêmes des difficultés résultant de l’insuffisance des fonds sur la barre de la rivière. On avait songé, vers 1900, à créer au nord de la ville, en dehors de l’estuaire et dans la baie même de Tourane, un port en eau profonde, constitué par un quai accessible directement aux navires à fort tirant d’eau, et protégé par une jetée de 3 kilomètres qui aurait formé au nord un abri contre la houle du large. Ce projet fut même adopté par le Gouvernement général de l’Indochine, mais il ne reçut pas l’approbation ministérielle. Ce fut, d’ailleurs, en prévision de l’exécution de ce projet que la gare du chemin de fer fut construite à son emplacement actuel, à proximité du port projeté (voir AP0206). Ce projet ayant été abandonné, on s’est borné, depuis, à améliorer les communications entre le mouillage de l’îlot de l’Observatoire et les quais de la ville, construits sur la rivière, par le dragage d’un chenal dans la barre. Le chenal fut dragué d’abord à une profondeur minimum de 3 m. 50 sous basse mer, portée à 4 m. 30 par des dragages exécutés en 1923. La tenue des fonds dans ce chenal est difficile et nécessite l’exécution de nouveaux dragages qui sont en cours. Une voie ferrée dessert les quais sur toute leur longueur et les relie à la gare principale(voir AP1205) Le dragage du chenal actuel ne peut constituer qu’une amélioration provisoire ; l’aménagement définitif d’un accès au port de Tourane nécessitera des dépenses élevées que le trafic de ce port ne paraît pas encore justifier. La zone desservie par ce port est actuellement restreinte, car elle ne comprend que les régions traversées par la voie ferrée qui va de Tourane à Dong Ha en passant par Hué. Le trafic actuel du port est donc forcément très limité. Il est probable, toutefois, que la jonction de la ligne Tourane-Dong Ha au réseau des chemins de fer du Tonkin par achèvement de la ligne Vinh-Dong-Ha et la construction du premier tronçon de la ligne Tourane-Nhatrang, ainsi que l’achèvement de la route Dong Ha-Savannakhet, en étendant la zone desservie par le port, contribueront à augmenter son trafic. Il pourra alors être nécessaire d’envisager un aménagement plus important et définitif de la voie d’accès et des installations du port fluvial de Tourane. En 1924, le mouvement du port a été à l’entrée de 3.927 navires, jaugeant 727.147 tonnes, et à la sortie 3.977 navires, jaugeant 721.142 tonnes, ce qui représente un tonnage total de 1.448.289 tonnes. D’autre part, le tonnage des marchandises qui s’élevait à 66.770 tonnes en 1914, et était tombé à 43.657 en 1917, s’est relevé à 70.578 tonnes en 1920 et a atteint en l924, 112.320 tonneaux, dont 70.441 tonnes aux entrées et 41.879 tonneaux aux sorties « . (Les Travaux Publics de l’Indochine – A. Pouyanne – IDEO 1924) Sur les premières relations commerciales entre Bordeaux et Tourane (1817 à 1824), voir AP0519.

Mots Clefs : Annam Quang Nam Port de Tourane 1936 – 23 août Bateau