AP1002-Cosserat-Maurice

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Titre : Hué, 1926 – Une pièce inédite sur la piastre (2)

Notice : Voir AP0998.  » Une scène de la pièce de théâtre imaginée et écrite par M. Pierrot et ses amis sur la piastre. On reconnaît les pièces de monnaie portées en coiffes par les actrices, objet d’adoration par les coloniaux « . (D’après Ratou Cosserat) Notule : Sapèque La principale unité monétaire qui circulait au Viêt Nam avant l’arrivée des français était la sapèque (Tien ou Van) petite pièce ronde en cuivre, laiton, ou d’autres alliages, d’un diamètre extérieur de 20 à 25 mm et avec un trou carré au centre permettant de l’enfiler sur un cordon. La sapèque pesait théoriquement 3,82 gr (un Tien dans le système pondéral) et était la 600ème partie de la ligature (Quan). En réalité, son poids pouvait varier de 1,5 à 2,5 gr avec la qualité du métal utilisé Le mot sapèque viendrait du malais Sappica ou Sapeku qui dériverait lui-même du mot chinois Peku ou Pak signifiant cent. Un sapeku ou une sapèque serait donc à l’origine une file de 100 pièces de petite monnaie. Yule et Burnell indiquent qu’à Macao on donnait le nom de sapèque à la monnaie chinoise appelée « Cash ». Les Français ont adopté le mot sapèque et l’ont appliqué à la monnaie en usage au Tonkin et en Cochinchine. Pendant la période de l’occupation chinoise, ce sont naturellement des monnaies chinoises qui circulaient sur le territoire de l’Annam. Les premières monnaies « nationales » furent frappées sous les dynasties des Dinh (968 – 980) et des Lê antérieurs, sur le modèle des monnaies chinoises, pièces rondes avec un trou carré avec l’inscription du nom de l’ère de règne. Au revers, le caractère Dinh ou Lê, nom de la dynastie. Ces monnaies nationales furent frappées en très petit nombre, dans un but purement politique et la monnaie chinoise continua à circuler largement. Avec la dynastie des Tran (1225-1414), première grande dynastie nationale, la production de monnaie, tant officielle que privée, prit une grande ampleur. Tous les souverains de cette dynastie émirent des pièces avec le nom de l’ère de leur règne. Mais le nom de la dynastie n’était plus indiqué au revers. C’est sous la dynastie des Lê postérieurs (1428-1789) que se situe l’âge d’or de la monnaie vietnamienne. Au cours de 15ème siècle, chaque souverain a émis de la monnaies qui se distingue par la qualité du travail de fonte et du bronze utilisé, la finesse de la graphie et la régularité des poids, toujours aux alentours d’un Tien (3,82 gr). Certaines pièces atteignent même 6 gr. La dynastie des Mac, installée à Cao Bang, qui usurpa le pouvoir de 1528 à 1592, frappa sa propre monnaie, mais commença à utiliser le zinc et le fer, métaux moins coûteux et laissa se développer le monnayage privé. Les Lê, quand ils revinrent au pouvoir tentèrent de lutter contre ces pratiques, mais la pénurie de cuivre (les mines se trouvaient dans des régions contrôlées par la Chine) et la division du pays entre les deux principautés rivales des Trinh et des Nguyen rendirent ces mesures peu efficaces. C’est sous le règne de Lê Du Tong, pendant l’ère Vinh Thinh (1705-1729) que fut émise la première monnaie de grand format, d’un diamètre de 50,5 mm et d’un poids de 33,13 gr. Sous le règne de son successeur Lê Hien Tong, pendant l’ère Canh Hung, ces grandes monnaies devinrent courantes, frappées à l’occasion d’anniversaires ou de commémorations et utilisés comme cadeaux pour récompenser les bons serviteurs (monnaies de présentation). Le revers était le plus souvent orné d’un motif décoratif (phénix ou dragons). Les Tay Son (1789 – 1802) fondèrent leur propre dynastie après avoir renversé celle des Lê et frappèrent leur propre monnaie. Faute de cuivre, ils durent se contenter d’émettre des pièces de qualité médiocre, très minces et en mauvais laiton. La dynastie des Nguyen qui s’attacha , avant la conquête (1802-1884), à réorganiser le pays, voulut également remettre de l’ordre dans le système monétaire. Gia Long (1802-1820) frappa des pièces en laiton avec des poids variés et mit en service des petits lingots d’argent pur, d’un poids de 38,37 gr (un taël, Lang). Le monnayage de Minh Mang (1819-1840) fut très important : sapèques courantes en laiton, sapèques en zinc, grands pièces de 1 Tien (3,48 gr) en laiton, grandes monnaies de présentation de 50 mm de diamètre, portant au revers des maximes tirées d’ouvrages classiques confucéens. A partir de 1832, Minh Mang frappa une de monnaie d’argent, sans trou central, imitée des 8 réaux espagnols et figurant au revers un dragon volant dans les nuages et portant la perle. Ses successeurs Thieu Tri (1840-1847) et Tu Duc (1847-1883) frappèrent eux aussi des sapèques à leur nom de règne et des grands monnaies de présentation. Tu Duc frappa également des monnaies de présentation en argent ainsi que des lingots en argent de 10 taëls (380,38 gr) et des lingots en or de 10,81 gr. Sous la domination française (1883-1945), le gouvernement colonial substitua sa propre monnaie à celle des souverains nationaux. Toutefois, ceux-ci continuèrent à frapper des sapèques à leur titre de règne : Ham Nghi, Dong Khanh, Thanh Thai, Duy Tan, Khai Dinh et Bao Dai. L’administration coloniale frappa elle-même des pièces de 1 sapèque (1/500 de piastre) en bronze de 1879 à 1884 pour la Cochinchine, puis de 1887 à 1902 pour l’Indochine. Ces pièces furent remplacées par des pièces de 1 centième et de 1 cent, à l’effigie de la République. (Comité de Rédaction) Sur la piastre et les monnaies indochinoises, voir AP0998.

Mots Clefs : Annam Thua Thien – Hué 1926 Cercle Théâtre