AP0998-Cosserat-Maurice

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Titre : Hué, 1926 – Une pièce inédite sur la piastre (1)

Notice : Voir aussi AP1002. « Pièce qui fut écrite par M. Pierrot et ses copains. Je reconnais Mme Abgral en haut à droite. Je suis à gauche, en train de pousser ma voisine. » (D’après Ratou Cosserat) Notule : La piastre et les pièces de monnaie indochinoises Avant l’introduction de la piastre d’argent indochinoise, la monnaie utilisée sur place par l’administration coloniale était la piastre mexicaine. C’est en cette monnaie que le Trésor de la Cochinchine, mis en place à partir de 1862, effectua d’abord ses paiements. Cette monnaie fut acceptée d’autant plus facilement qu’elle était pour les indigènes une espèce connue et pour les Français un moyen d’écouler les pièces mexicaines, reliquat de la trésorerie de la campagne du Mexique. Le contre-amiral Bonard lui conféra un cours légal parallèlement au « Trade dollar » américain ou au dollar de Hong Kong. En 1877, elle était acceptée dans les paiements pour 5,35 francs, alors qu’au poids du fin elle ne valait que 4,75 francs. Pour éviter cette perte pour le Trésor de 0,60 franc par piastre, le Gouvernement résolut d’établir un régime monétaire propre à la colonie par l’émission d’une piastre de commerce ayant le même poids que le Trade dollar américain. Les premières piastres furent frappées en 1878 avec la mention « Cochinchine française ». A partir de 1885, elles portèrent l’inscription « Indochine française ». La première piastre indochinoise était une pièce en argent de 27,215 gr au titre de 0,900 et de 39 mm de diamètre. Elle comportait des monnaies divisionnaires également en argent, au même titre de 0,900 : – Une pièce de 50 cents de 13,607 gr et de 29 mm de diamètre ; – Une pièce de 20 cents de 5,443 gr et de 26 mm de diamètre ; – Une pièce de 10 cents de 2,721 gr et de 19 mm de diamètre. L’effigie commune à toutes ces pièces, gravée par le sculpteur Barre, représente une République assise, drapée à l’antique, tenant d’une main un faisceau de licteur, l’autre main appuyée sur la barre d’un gouvernail et une ancre en arrière. La frappe de ces monnaies se poursuivit régulièrement jusqu’en 1895 mais la baisse continue du métal argent provoquait de graves difficultés aussi bien sur le plan économique que dans le domaine budgétaire. Afin de consacrer cette baisse du métal, un décret de 1895 abaissa le poids de la piastre de commerce et ses divisions, à proportion. Ce poids fut ramené à 27 gr pour la piastre, 13,5 gr pour la pièce de 50 cents, 5,4 gr pour celle de 20 cents et 2,7 gr pour celle de 10 cents. En 1898, le titre des pièces de 10 et 20 cents fut réduit à 0,835. A partir de 1903, les piastres mexicaines furent retirées de la circulation. Mais les cours du métal argent connaissaient des fluctuations très importantes et très irrégulières, passant sur le marché de Londres de 61 1/8 pence l’once en 1870, à 25 pence en 1910, pour remonter à 64 ½ et 1920 et retomber à 36 ¾ en 1930. Pour faire face à la crise, le Gouvernement dut décréter le cours forcé de la piastre et finalement, en 1930, abandonner l’étalon argent au profit de l’étalon or. La Chine fut alors le seul pays à conserver l’étalon argent. En 1931, la piastre de commerce de Barre fut remplacée par une autre pièce en argent, à l’effigie de la République coiffée du bonnet phrygien et laurée à gauche, due au sculpteur Lindauer. Cette pièce pesait 25 gr au titre de 0,680. En 1939, la pièce de 20 cents en argent fut remplacée par une pièce en bronze-nickel à l’effigie du profil droit de la République (Turin, graveur). Ces pièces d’argent restèrent en service jusqu’à la fin de la guerre mondiale, devenant chaque jour de plus en plus rares et remplacées progressivement par les billets de banque. A partir de 1946, toutes les pièces en argent furent remplacées par des pièces en bronze-nickel ou en aluminium à l’effigie de la République de profil droit (Turin, sculpteur). Pour les valeurs plus faibles, des pièces de 1 sapèque (1/500 de piastre) en bronze furent émises de 1879 à 1884 pour la Cochinchine, puis de 1887 à 1902 pour l’Indochine. Des pièces de 1 centième en bronze à l’effigie de la République assise (Barre, sculpteur) circulèrent de 1885 à 1894. Elles furent remplacées par les pièces de 1 cent en bronze à l’effigie de la République assise protégeant de son manteau une femme annamite assise (Dupuis, graveur) qui furent en service de 1896 à 1939. et furent remplacées à leur tour en 1940 par une nouvelle pièce de 1 cent en zinc ornée d’un bonnet phrygien et de deux tiges d’olivier, due au sculpteur Lindauer. En 1943 une pièce minuscule de 1 cent, en aluminium, pesant 0,3 gr avec un décor de deux tiges de riz fut frappée dans un atelier provisoire à Hanoï, au titre de l’Etat français. Enfin, une pièce de 5 cents en bronze-nickel ou en maillechort, ornée de gerbes de riz et due au graveur Patey, circula de 1923 à 1939, remplacée en 1943 par la pièce en aluminium de l’Etat français (1 gr). (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Annam Thua Thien – Hué 1926 Cercle Théâtre