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Stern, Philippe (1895-1979)

Stern, Philippe (1895-1979)

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Extrait du journal La Dépèche daté du….

…/…Avec l’aval de la municipalité Albert Sallet s’emploie, bénévolement, à restaurer le Musée Labit. Dès les premières menaces de l’antisémitisme il y accueille Philippe Stern du musée parisien Guimet. Aux heures noires de l’Occupation il le nourrira et le cachera dans les greniers. «N’ayant jamais accepté les sévices à connotation raciste», précise Jean-Pierre Raynaud. Finalement Albert Sallet aura la joie d’assister, en 1945, à l’inauguration du nouveau musée Labit en compagnie de son ami et complice Philippe Stern.

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Texte écrit par Philippe Stern au lendemain de la mort d’Albert Sallet

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 Extrait du journal “La Dépèche” du 3 décembre 2004 :
“Avec l’aval de la municipalité Albert Sallet s’emploie, bénévolement, à restaurer le Musée Georges-Labit. Dès les premières menaces de l’antisémitisme il y accueille Philippe Stern du musée parisien Guimet. Aux heures noires de l’Occupation il le nourrira et le cachera dans les greniers. «N’ayant jamais accepté les sévices à connotation raciste», précise Jean-Pierre Raynaud. Finalement Albert Sallet aura la joie d’assister, en 1945, à l’inauguration du nouveau musée Labit en compagnie de son ami et complice Philippe Stern.

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« Paris, le 24 février 1948
Je n’ai su que tardivement la mort du Docteur Sallet. Je voudrais, dans cette lettre que je me permettrai d’envoyer à divers membres de sa famille, dire ce qu’il a été pour moi, ce que j’ai su qu’il a été pourtant d’autres. Il était de ces êtres si peu nombreux dont on peut dire en toute certitude qu’ils ont une belle âme. Et ce sont les circonstances même que nous avons traversées qui me l’ont montré.
En 1940, frappé par les misères du pays, il avait quand même été touché de voir que certaines des nobles conceptions qui étaient les siennes devenaient celles du gouvernement qui les affichait. Ce qu’il y avait derrière cet affichage, la noblesse même de son âme l’empêchait de le voir et je suivis, presque moment par moment, la tragédie qu’a été pour lui cette découverte progressive, car, ce qui était merveilleux dans ce monde troublé, nous étions persuadés tous deux de l’entière bonne fois de l’autre. Et c’est ainsi qu’amenés à parler des événements et les voyant l’un et l’autre par le petit bout de la lorgnette, nos rapports d’amitié ont pu cependant n’en être pas atteints et rester totalement intacts, ce qui dut être rare, chacun pensant que l’autre était dans l’erreur, mais certain de sa parfaite bonne foi. Ce qui me semble plus beau encore c’est qu’avec les idées qui étaient les siennes, il ait su devant la justice marquer un grand arrêt brusque : je le sentais révulsé par toute persécution raciale. Je ne pourrai jamais assez te dire ce qu’il a été pour moi, comme il m’a accueilli et comment il a facilité mon travail : Je m’en souviendrai toujours mais je trouve encore plus étonnant ce qu’il a pu être pour d’autres qui n’étaient pas ses amis, qui étaient presque des passants, s’exposant pour les protéger.
Peu de personnes parmi celles que j’ai rencontrées m’ont paru communier à ce point avec la douleur humaine. Il semblait, certains jours, qu’il portait le poids du monde. Toute souffrance injustifiée l’atteignait personnellement et directement et ainsi – c’est peut-être normal devant la mort – je songe à l’homme plus encore qu’avant. Mais je pense que vous savez tous les grands services qu’il a rendus à nos études.
Je tâcherai, comme je le lui ai promis, de rechercher et de faire utiliser les indications qu’il a laissées en Indochine en partant. Si, dans ses papiers, dans ses documents, vous en retrouvez qui puissent être utiles à tous, nous serons, bien entendu, heureux de leur donner asile au musée Guimet. Nous sommes d’ailleurs tout à votre disposition si nous pouvons vous rendre service d’une façon quelconque dans le cas où vous ne désireriez pas conserver comme souvenir une bibliothèque qui était pour lui un instrument de travail. Il m’avait demandé des renseignements concernant les possibilités de vente de cette bibliothèque. Je lui avais conseillé de garder avec lui ses livres, comme des amis. Je mets naturellement à votre disposition toutes indications qui pourraient vous être utiles, à ce sujet ou pour tout autre.
Je voudrais en terminant, vous assurer que le souvenir du Docteur Sallet sera avec moi pour toujours car, à travers ces années tragiques, j’ai vraiment senti qui il était. »
Philippe Stern
Pirey, Max Arnoulx de (1873-1934)

Pirey, Max Arnoulx de (1873-1934)

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Extraits de la correspondance de Max de Pirey adressée à Albert Sallet

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Dong Hoi, le 2 juin 1931
Bien cher Docteur
Je ne sais pas pourquoi tout le monde, et vous aussi, veulent me faire passer pour un as, un savant qui sait tout. C’est une grosse erreur car je ne suis pas plus calé que ça. J’ai eu de la veine, j’ai trouvé un tas de choses et on a de suite pensé que j’étais un Phœnix ! Il faut dire aussi que je n’ai rien gardé pour moi et que c’est l’Ecole (E.E.F.O., ndlr) qui a bénéficié de mes recherches.
Pour votre pensum, ça me semble bien dur ! Que voulez-vous que je vous dise et comment répondre à vos questions, alors que vous savez bien qu’ici toutes ces questions ont fait peu de chemin et qu’il y a tant d’hypothèses !
Je vais donc essayer surtout de vous indiquer des sources ou des ouvrages où vous pourrez puiser des renseignements plus sûrs que les miens :
1/ Non locaux : « Da Sam Set » = Pierre de foudre, Pierre de tonnerre. Il n’y a pas d’autres noms à ma connaissance. Soit pour la pierre, soit pour le bronze.
2/ Croyances : pendant l’orage, lorsque la foudre tombe sur un arbre, il faut avoir soin de remarquer l’endroit. Au bout de 100 jours (ou d’après d’autres personnes 104 jours) en fouille au pied de l’arbre et on recueille un « Da Set » infailliblement… Quand on pousse les questions et que l’on démontre par des objections le peu fondé de cette croyance, alors l’Annamite qui est au bout de ses arguments vous dira que c’est le « Troi qui a Sinh ce caillou », cela vient du ciel : « Troi Sinh» signifie que le ciel a enfanté, produit ce caillou. Ou bien « Coi Troi Sa Xuong » ; c’est-à-dire « tombé du ciel » ; c’est tout ce qu’on peut tirer de ces pauvres Annamites qui ne savent pas ce que représente cette pierre qui affecte toujours les mêmes formes ; et toutes les fois qu’il ne sait comment expliquer une chose, c’est ainsi qu’il s’en tire en disant que c’est le ciel qui a produit cette chose là…
3/ Quant aux « Kjokken Mödding », ils sont tout à fait ignorants et n’ont jamais su ou compris ce que c’était. Ils s’en servent pour prendre les coquilles et cuire de la chaux, comme à Som Rong Sen au Cambodge.
Mais pour eux, aucun intérêt : « Ignoti Nulla Cupido ».
4/ Grottes : Il y a ici et au Tonkin, un très grand nombre de grottes dans les calcaires ou aussi des abris sous roche qui ont été habitées par les Néolithiques.
Le grand malheur est que presque personne ne connaît ces grottes et que très peu d’entre elles ont été fouillées.
Il faut citer les travaux de Mademoiselle Colani au Tonkin et de Monsieur Fromager au Quang Binh. Mais, hélas ! Je n’ai pas le bulletin du Service Géologique qui paraît à Hanoi.
Il y aurait belle moisson à faire en cherchant dans les grottes. On ne trouverait pas des peintures comme en Espagne et au sud de la France, mais une quantité d’objets des parures, des os, et des squelettes, des morceaux d’ivoire ou de cornes, des os de tortues etc.
Monsieur Fromaget  avait trouvé, il y a 4 ou 5 ans, derrière la grotte de Cu Lac, un abri sous roche. Il a creusé jusqu’à 4 à 5 m et a trouvé plusieurs objets marquant plusieurs époques. Je ne sais pas si vous pourrez trouver le bulletin du Service Géologique, mais en tout cas il vous rendrait bien service en ce travail, soit par les recherches de Fromaget, soit par celles de Mademoiselle Colani à Hoa Binh…
Vous savez bien aussi que dans ce pays d’Annam, il est bien probable que l’âge de la pierre a duré jusqu’à nos époques modernes. Actuellement les sauvages de Kon Tum ont encore de ces « Da Set » et en font des fétiches. À chaque fois qu’ils font un sacrifice au génie du lieu, ils enduisent de sang et de graisse chaque Da Set  fétiche. Quand ils se convertissent à la religion, les Pères exigent qu’ils apportent tous leurs fétiches, et c’est de cette façon que j’ai eu pas mal de Da Set venant de Kon Tum. Ces misérables Pères ont eu le culot de jeter à la rivière des paniers entiers de Da Set .
En tout cas je veux signaler que l’âge de pierre a duré ici jusqu’à nos jours ou presque et en même temps quasi que l’âge de bronze ; cet âge de bronze semble bien coudoyer les temps historiques.
Je ne puis rien vous dire des légendes car il s’agit de lieux mal connus des Annamites ; le plus souvent livrés à la brousse, ils ne savent pas ce que représentent ces coquilles, ces Da Set .
Voyez à Tam Toa, la fouille faite par le capitaine Patte en 1923. Il y avait des débris de « marmites paniers » en surface et toutes sortes de coquilles et de débris de toutes espèces… Mais les gens ne savaient pas du tout ce que cela représentait !
À Som Rong Sen, ils ne voyaient que leur intérêt et prenaient les coquilles pour cuire de la chaux.
Pour les Kalan chams, c’est la même histoire : ils prennent les briques et beaucoup d’individus vont vous affirmer que c’est un four à briques (souligné dans le texte) du temps jadis.
Voilà en somme tout ce que je sais et vous voyez que ce n’est pas bien scientifique.
Voyez donc le Père Cadière : « Les Pierres de Foudre », et l’article des Amis du Vieux Hué de Monsieur Holbé sur les Pierres de Foudre récoltées par lui en 1915.
Il y a encore la fouille du capitaine Patte à Tam Hoa en 1923. Ce capitaine est en France et pourrait vous donner des précisions. Il habite au 27 rues des Carmes à Poitiers dans la Vienne.
Je termine brusquement parce qu’on vient encore me déranger et je ne sais si je pourrai m’en tirer bien vite.
Adieu cher Docteur, bien à vous et mes respects

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7 décembre 1928
Bien cher Docteur, je vous aime beaucoup ; mais ce qui me chiffonne, c’est que vous écrivez diablement mal, comme du reste tous les médecins. J’ai donc péniblement déchiffré votre aimable lettre du 29 septembre et je vais répondre bien vite.
Je n’ai encore rien fait pour vous ! Je m’en accuse avec honte et repentir et je m’excuse sur le dos de Monseigneur Allys qui m’a donné un surcroît de travail en m’expédiant un gentil petit nouveau tout frais sortant du Séminaire de Paris et originaire du Nord. Il a fallu l’installer, lui trouver bien vite ce qui lui manquait et le mettre à son aise.
Je vous enverrai en petite vitesse les pieds de la statue. J’attends un ouvrier qui doit venir me faire une caisse pour l’expédition. Je pense vous l’envoyer en port dû si vous me le permettez.
Pour votre voyage au Quang Binh, ne venez pas quand il fera trop froid.
Vous avez en Monsieur Gey un excellent homme qui ne demande pas mieux que de s’occuper de toutes les questions qui peuvent nous intéresser. Il vient d’écrire à Monsieur Jabouille (Résuper de Hué – Ndlr) au sujet de vieux pots déposés dans son bureau et qui viennent de Cao Lao Ha, au bord du Song Giang ( ?).
Qu’est-ce que c’est que cette blague que vous lancez à propos de statues ?
Un chapeau bergère ! Un sujet de pendule ! Horreur. Où allez-vous mettre ça ?
Monsieur et Madame Gey vont bien. Rien ici de bien nouveau. Je pense aller à Hué pour la retraite de janvier et voir le cher frère Max.
Vous avez entendu dire que Monseigneur a été opéré de la cataracte. Mais, hélas l’œil a coulé et cet œil est perdu !
J’ai vu Monsieur Fauconnet. Il tient toujours la caisse et voudrait bien la passer à un autre. Il est toujours le même ; cependant le fond de son cœur semble bien triste. Je l’aime bien et je le plains de tout cœur.
Mes respects à Monsieur Emile Morin et à vous en attendant votre arrivée, et une prière pour toute votre famille.

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Madrolle, Claude ou Claudius (1870-1949)

Madrolle, Claude ou Claudius (1870-1949)

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Extrait de la correspondance de Claude Madrolle adressée à Albert Sallet

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Madrolle A        Madrolle B

A gauche, page de couverture du Guide Madrolle “L’Indochine du Nord” – A droite, exemple de corrections faites par Albert Sallet sur une page du Guide à la demande de son correspondant et ami auteur du livre.
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Société des Amis de l’Ecole Française d’Extrême-Orient
Musée Guimet, 6, place d’Iena, Paris 16eme
Le 4 avril 1936
Monsieur le docteur Sallet – 4, rue Traversière Montplaisir, Toulouse
Cher Monsieur,
Par votre lettre du 3, je vois que, grâce à vous, le musée Labit se transforme et qu’on peut espérer qu’un Centre Asiatique verra bientôt le jour à Toulouse.
Je serai très heureux de présenter le Musée à notre bureau pour devenir l’un des nôtres. Je lui ferai adresser alors toutes les publications qui me parviendront de Hanoi, ainsi que celles de notre groupement de Paris.
Monsieur Mus est à Paris (80 rue de la Faisanderie, 16e). Il nous a fait récemment une conférence sur une région que vous connaissez bien : le Sud Annam.
J’ai vu également Monsieur Claeys, mais il n’est que peu de temps dans la capitale, pressé qu’il était de retourner à Nice (88 boulevard Victor Hugo) ; quoi qu’allant mieux, il était encore un peu fatigué.
En ce qui concerne les abonnements : Les annales de Guimet sont devenus « Histoire des religions » ; abonnement 85 Fr. l’année ; cette revue est rédigée en dehors du Musée et dépend du Ministère Guimet ; cependant elle souscrit un certain nombre d’exemplaires. M. Hackin est absent. Lorsque je le verrai, je lui demanderai s’il pourrait disposer gracieusement d’un abonnement pour Toulouse…
Quand au Bulletin de l’Ecole, il coûte actuellement 250 Fr. l’an. On peut s’abonner chez Van Oest, rue du Petit pont à Paris cinquième. On s’adressant directement à lui, vous pourriez sans doute avoir une réduction plus élevée que les 10 % que nous pourrions vous faire obtenir.
Avant de prendre une décision, vous pourriez aussi tâter Monsieur Coedes pour obtenir un prix de faveur ou un service.
La mission se termine et de Coral doit être très occupée au Cambodge, car on n’a pas de nouvelles d’elle.
Je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments dévoués.
Le Secrétaire Général
Claude Madrolle
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Société des Amis de l’Ecole Française d’Extrême-Orient
Ch. Post. 177740 – Paris
Château de Saltgourde par Périgueux, Dordogne
Le 10 juin 1945
Mon cher Docteur,
Votre lettre du 27 me parvient en Périgord, ou je viens me reposer pour quelques semaines. Ce déplacement va m’empêcher de recevoir votre gendre (Jean André Cousso marié à Jacqueline Sallet – ndlr) que j’aurais voulu accueillir le mieux possible.
On peut se procurer mes guides sur l’Indochine à Paris à la Librairie des Editions Coloniales et Maritimes (ex Chalamel, 17 Rue Jacob). On m’a dit récemment que ces volumes avaient été augmentés de 125.
La guerre qui avait coupé nos relations, a été la cause que les cotisations du Musée Labit ne sont pas parvenus à Guimet. J’admets que le Musée, en versant la somme de 500 Fr., pourrait devenir membre perpétuel. Ce versement permettrait d’envoyer les numéros publiés à Paris et donnerait droit aux périodiques que Hanoi nous adressent en temps normal. L’Ecole à travaillé malgré les événements, mais depuis décembre dernier, nous sommes sans nouvelles. Enfin, il faut espérer que vers février ou mars 1946, l’Indochine sera enfin libérée.
Je suis heureux d’avoir repris contact avec vous et vous prie mon cher Docteur de bien vouloir agréer…./…
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Lefas, Georges (1906-2002)

Lefas, Georges (1906-2002)

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Témoignage du R. P. Lefas sur Léopold Cadière

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Le 28 octobre 1993
Procure de Notre Dame de Toutes Grâces
60 128 Mortefontaine
 Si j’avais été « sous la coupe » du bon père Cadière, à mon arrivé à Huê (en avril 1937), j’aurais trouvé en lui un « initiateur » de première valeur pour mon apprentissage de la langue et des coutumes vietnamiennes.
Hélas, il n’en fut rien et mes premiers pas ont été imprudemment limités à quelques mois, juste le temps de commencer à bafouiller, à la manière des débutants avant d’être « happé » par l’activité professorale, à laquelle j’avais été invité à me préparer ( licence d’enseignement à la Sorbonne », en entrant à l’Institut de la Providence (établissement secondaire, fondé par le diocèse en 1930, avec l’agrément des autorités administratives qui avaient fait une «promesse de Gascon», en  assurant qu’il n’y aurait pas la concurrence d’un lycée, à Hué), établissement qui avait alors quand besoin de personnel enseignant.
J’ai su par la suite, que le père Cadière avait déploré -à juste titre- ces circonstances, à mon sujet. De fait, personnellement, je ne m’en suis jamais bien remis, du point  de vue des maniements de la langue.
Je n’avais guère d’occasion de me rendre à Di Loan et  – à vrai dire – je ne sortais presque pas de la Providence où je logeais et où j’étais rivé à mon travail.
Mes rencontres avec le père Cadière furent donc insignifiantes, à cette époque.
En revanche, il s’est trouvé que mon père ( alors Sénateur d’Ille et Vilaine), accompagné de ma mère, est venue en Indochine, au début de 1939, mon père étant, alors, chargé d’une mission parlementaire, comportant l’inspection des établissements de l’enseignement public, en Indochine (mon père, ancien chargé de cours à la Faculté de Droit d’Aix en Provence, avait dés son entrée au Parlement, en 1902, fait partie de la Commission de l’Enseignement. Dès son entrée au Parlement, il avait fondé avec Louis Marin, Député de Meurthe et Moselle, le « Groupe de Défense de l’Enseignement Libre »).
Très bien reçu  par les autorités administratives ( le Gouverneur Général Bréviè et les Résidents supérieurs locaux, ainsi que pour les responsable de l’Enseignement Publique) mon père ne se privait pas d’ajouter à la liste des établissements officiels celle des Etablissements Privés, fondés par les congrégations religieuses ( Frère  des écoles chrétiennes – religieuses de St Paul de Chartres, Chanoinesses de St Augustin, etc.)
C’est ainsi qu’il arriva, toujours accompagné de ma mère – à Hué, au début de Février 1939. Il  y rencontra les hautes personnalités de la Ville Impériale, y compris leurs majestés l’empereur Ba Dai et l’impératrice Nam Phuong ( qui était catholique).
A cette occasion, l’Institution de le Providence reçut sa visite qui fit sensation – notamment auprès de mes élèves de la classe de première A auxquels mon père improvisa une leçon sur la poésie contemporaine et notamment sur son ami Adrien Hiphonard dont il cita de mémoire un poème. Bien entendu, le Résident Supérieur M. Graffeuil fit conduire mes parents à Di Loan, pour rendre visite au R.P Cadière. Ce fut le 10 février 1939 (comme en fait foi le carnet de notes de voyage, rédigé succinctement par mon père). Je n’avais pas pu accompagner mes parents, de sorte que ne puis pas témoigner de la conversation des plus intéressantes qu’ils ont eue ensemble. Voici, pourtant, un certains nombre de sujets qui ont du être abordés au cours de cette visite mémorable.
Le R.P de Cadière était natif d’Aix-en-Provence (1869) et il y avait fait de brillantes études secondaires (dans les Ecoles Catholiques, ou au Lycée où il avait été le condisciple de plusieurs personnalités futures du monde intellectuel avant d’entrer au Grand Séminaire d’Aix, puis au séminaire des Missions Etrangère de Paris (1889).
Du fait que mon père allait, lui-même, dix ans plus tard ( 1899-1901 ), séjourner à Aix en Provence pour y enseigner l’histoire du droit à la Faculté de Droit de cette ville, il lui était facile d’évoquer, lors de sa visite à Di Loan, bien des souvenirs communs –ô combien agréables ! – sur cette cité, métropole intellectuelle de la Provence. Et, cela, d’autant plus que le P.Cadière avait eu l’occasion de revoir sa ville natale, au cours de son unique séjour de congé en France (1911-1912) ; séjour au cour duquel, en dehors de quelques soins médicaux indispensables, il avait pu renouer des liens avec sa petite patrie et, notamment, prendre contact avec «  l’Académie d’Aix » en vue d’échanges scientifiques importants.
A ce propos, j’ai personnellement entendu le P.Cadière me confier que son idée de fonder, à Hué (en 1913, à sont retour de congé)  «  l’Association des Amis du Vieux Hué » lui était venue, en partie, de l’exemple qu’il avait trouvé à Aix, d’une Association de Recherches Historiques, avec laquelle il établit des relations……
Pour en revenir à la visite de mon père, je pense qu’il y a dû y avoir, par ailleurs, des allusions au problème de l’Instruction Publique en Indochine, ainsi qu’à l’effort fourni par l’Enseignement Catholique dont il était utile de reconnaître l’apport considérable à l’égard de la culture française, et qui entraînait le respect et l’encouragement de la part des autorités officielles dans une idée de tolérance, d’ailleurs largement observée.
Ajouterai-je (confidentiellement) que la venue de mon père en Indochine lui a permis de consolider les bon rapports de l’administration de l’Enseignement Publique avec les Etablissements Privés, relevant des congrégations religieuse ou des diocèses.
Un dernier sujet vraisemblable de conversation avec le Père Cadière, lors de la visite de mes parents, fut l’expression de leurs admirations pour le Jardin Botanique amoureusement soigné par le père, avec sa collection d’innombrables fougères, ses orchidées etc…. oasis de verdure qui abritait sa réserve d’oiseaux rares et de poissons des tropiques….un petit paradis. Tout en recevant avec modestie ces compliments mérités, le père Cadière a certainement laissé paraître, dans ses paroles, l’amour de la nature du bon dieu, qu’il allait exprimer plus tard dans sont «  Elévation » aux accents digne d’un Teilhard de Chardin.
Oserai-je dire, à ce propos, qu’il n’est pas impossible de retrouver un écho de ce genre de propos du P.Cadière et de son témoignage à ce sujet, dans les notes de voyages hâtivement couchées sur le papier par mon père, dont je relève ce passage :
« L’observateur, le géologue, le naturaliste, ne peuvent qu’admirer la puissance formidable de ce bouillonnement de la vie et la simplicité, la merveilleuse harmonie de ses moyens et de son organisation tant individuelle que générale. Le plan nous apparaît, nous le constatons « de visu », il nous dépasse trop pour être pleinement compris par nous. Nous ne pouvons que nous y soumettre. C’est le devoir, l’adhésion confiante que nous demande le Créateur et qu’Il sait récompenser au centuple. À quoi nous conduirait la révolte ? Que pourrait-elle changer aux lois de l’Univers ? ».
Si, de cette année 1939, je fais un saut jusqu’à celle du cinquantième anniversaire de l’ordination sacerdotale du R.P. Cadiere, je retrouve la fête si touchante dont  le curé de Di Loan, chef du district de la Dât Do et  l’éliminent rédacteur en chef du Bulletin des Amis du Vieux Hué fut l’objet, en cette année 1942.
Ce fut une apothéose pour le bon père dont tout le monde admirait la carrière de missionnaire et de savant, tant du côté des autorités civiles que de celles du Vicariat Apostolique ( Mgr Lemasle) et de la délégation apostolique ( Mgr Drapier O. P. )
Le discoure du Père Cadière toucha le cœur de beaucoup d’auditeurs et fit réfléchir les jeunes missionnaires que nous étions, en face d’une telle expérience…
Hélas ! Des épreuves bien peu communes allaient fondre sur le père Cadière – comme sur nous tous – sous la forme du  « coup d force » et de l’occupation des Japonais, le 9 mars 1945. Cela se traduisit par un départ forcé de Di Loan, suivi d’une résidence assignée à Hué ( à la Procure de la Mission, jouxtant l’Evêché ).
La défaite japonaise, au lieu de libérer définitivement le père Cadière, fut l’occasion, pour les forces communistes du Viet Minh, de faire main basse sur un certain nombre de missionnaires français (ceux du Grand Séminaire de Huè à Phu Xuân et plusieurs autres, au Nord de la capitale, dont le père Cadière, revenu à Diloan). Ils furent tous déportés et internés à Vinh. Cela allait durer six ans et demie (1946-1953).
Qu’en fut-il pour le père Cadière ?
Tous les témoignages s’accordent à reconnaître sa sérénité. Le bon père réussissait toujours à trouver un coin de table, pour rédiger quelque « article savant »et surtout, ses «  Souvenirs d’un vieil annamitisant » qui allaient être publiés plus tard.
Il ne s’ennuyait jamais ni  ne s’énervait. Il priait beaucoup. Il n’empêche que cet internement altéra singulièrement la santé du père Cadière, déjà âgé de 77 ans en 1946.
Un évènement sur lequel je n’ai eu que peu d’informations ( par le Père Audigou, compagnon d’internement) a été la démarche spontanée du P. Cadière d’adresser au Président Hô Chi Minh une lettre, attirant son attention sur ce qu’avait d’anormal la détention de si nombreux missionnaires qui n’avaient jamais rien fait d’autre que se dévouer à la population du Viêtnam .
La réponse ne vint sans doute que bien tardivement sous la forme de la libération des missionnaires en 1953 (un an avant la bataille de Dien Bien Phu et les Accords de Genève de 1954) …
De retour à Hué le P Cadière – qui avait refusé de se laisser rapatrier en France – s’installa avec quelques confrères d’internement, dont le R.P.Roux originaire d’Aix en Provence comme lui, à la Procure de Hué.
Là, je lui ai fait quelques courtes visites qui m’ont permis d’admirer la sérénité de sa préparation à paraître devant le Seigneur. Il restait des heures sous la véranda à contempler la nature, attentif au chant des oiseaux et aux jeux de lumière et de coloris du paysage. Ses souvenirs devenaient prière d’action de grâce et de supplications, en faveur de cette population, tant aimée de lui, dont il devinait les souffrances futures.
C’est au cours de l’une de ses dernières visites que, l’ayant questionné un peu indiscrètement sur la façon dont il passait sont temps, je l’entendis me répondre : « je savoure la vie. »
Cette vie, il n’a pas fait que la savourer, la chanter, il l’a glorifiée par ses recherches de savant et il a aidé ses chers Vietnamiens à en rendre grâce au ciel. »
Père Georges Lefas
AP5000-Milhaud-Bret

AP5000-Milhaud-Bret

Titre : Tourane, 1946 – Evacuation des Français de Hué sur le “Cap Saint-Jacques” (6)

Notice : Photographie prise à l’arrivée au port de Saïgon du “Cap Saint-Jacques” emportant 600 passagers évacués de Hué. On y voit une partie de la foule sur le pont et, à terre, le comité d’accueil : l’armée et certainement des amis, voire de la famille qu’on va pouvoir rassurer. Les passagers sont anxieux , l’avenir est incertain et les nouvelles sont confuses. Chacun sait que le voyage se prolongera vers la France ; chacun laisse en Indochine un ou plusieurs des siens dont il ne connaît pas le sort ; beaucoup laissent en Indochine une partie essentielle de leur vie. (Voir aussi AP0372, AP4333, AP4480, AP4516 et AP1777) Sur cette évacuation, voir AP0372.

Mots Clefs : Annam – Tourane 1946 – Mars Occupation japonaise Evacuation – Réfugiés Vie à bord Embarcation

AP4999-Sallet

AP4999-Sallet

Titre : Tonkin, 1905 – Pique-nique en forêt

Notice : L’emploi du temps chargé du médecin major Albert Sallet, au gré de ses responsabilités dans les différent poste au Tonkin, de 1903 à 1906, laissaient quelque place aux loisirs qu’il partageait entre les promenades entre amis, la photographie ou la quête de connaissance de la civilisation et de l’histoire locales. Son journal, malheureusement en partie perdu, témoigne de son intérêt passionné pour une population à laquelle il consacrera le meilleur de ses compétences médicales et la totalité de ses études et travaux de polygraphe.

Mots Clefs : Tonkin 1905 Pique-nique Loisir et distractions

AP4998-Simonet

AP4998-Simonet

Titre : Annam. Ha Tinh, 1935 – Gare de Tan Ap

Notice : La gare de Tan Ap se trouve sur le transindochinois au PK 410, dans la province de Ha Tinh. C’est également le point de départ de l’embranchement vers le laos : voie ferrée de Tan Ap à Xom Cuc, téléphérique de Xom Cuc à Banaphao. Notule : Le chemin de fer du Laos Le plan Doumer de 1896 prévoyait une voie ferrée transversale vers le Laos, de Quang Tri à Savannakhet. Ce n’est qu’en 1929 que les travaux furent engagés, mais le trajet retenu fut celui de Vinh à Thakhek. Les études en avaient été réalisées par l’ingénieur Gilbert Simonet qui en supervisa les travaux. Sur l’ingénieur Jean Simonet, voir AP4061. Une voie ferrée fut d’abord construite de Tan Ap, gare sur le transindochinois (voir AP4998) jusqu’à Xom Cuc (voir AP4061), à quelques km de là, et elle fut mise en exploitation en septembre 1933. Parallèlement, un téléphérique fut installé de Xom Cuc à Banaphao (voir AP4096 et 4127, au Laos, par une entreprise allemande travaillant au titre des dommages de guerre. Ce téléphérique desservait les stations de Cha Mac (voir AP4066), Xom Mon (voir AP4063, Bai Dinh, Pou Toc Vou et Mu Gia. Il fut mis en service en décembre 1933. Au terminus de Banaphao, le relais était pris par la route venant de Thakhek, la route fédérale n° 12. En définitive, la liaison par voie ferrée Tan Ap-Thakhek ne fut jamais réalisée. Un tronçon de 16 km à partir de Thakhek avait bien été achevé en 1930 et des travaux furent entrepris en 1934 et après 1940 par les “chantiers de jeunesse”. A la fin de la guerre, le gros-œuvre (plate-forme, tunnels et gares) était achevé et il ne restait plus qu’à poser les voies. C’est alors que le projet fut définitivement abandonné. (Comité de Rédaction)

Mots Clefs : Annam Ha Tinh 1935 Gare – Chemin de fer

AP4997-Sallet

AP4997-Sallet

Titre : Annam, Tourane, 1931 – Hôpital – Pavillon May

Notice : Notule : Assistance médicale en Indochine Statistiques de 1930 sur le service de santé en Indochine : – 6 hôpitaux principaux – 112 hôpitaux secondaires et ambulances – 43 infirmeries – 344 postes indigènes, cliniques et dispensaires – 11 asiles d’incurables et orphelinats – 3 crèches – 11 léproseries et villages lépreux – 3 hôpitaux spéciaux (contagieux) – 12 lazarets – 1 asile d’aliénés – 4 instituts ophtalmiques. Au total 221.000 indigènes hospitalisés – 3.750.000 journées de traitement – 5.120.000 consultations. (D’après Teston et Percheron – L’Indochine moderne – 1931 – Librairie de France)

Mots Clefs : Annam Quang Nam Tourane 1931 Assistance médicale

AP4996-Sallet

AP4996-Sallet

Titre : Annam, Tourane, 1931 – Un auricure en exercice

Notice : Le cerumen est, suivant une croyance populaire, l’excrément du ver (Cut Ray) que chacun porte dans l’oreille. L’auricure l’enlève à l’aide de spatules, crochets, brosses douces, de piquants de porc-épic et aussi de son souffle. “Moc Tai Long Dim Khong ? ” (Qui désire se faire curer l’oreille avec les piquants de porc-épic ? ) chante-t-il au marché de Tan Dinh à Saïgon. La vignette AP0194 présente la panoplie des ustensiles qu’utilisait l’auricure pour nettoyer les oreilles de ses patients.

Mots Clefs : Annam Quang Nam Tourane 1931 Oreille – Auricure

AP4995-Sallet

AP4995-Sallet

Titre : Annam, Dong Duong, 1929 – Le savant sur un site cham

Notice : Notule : Les rapports du Dr Sallet avec les Cham Albert Sallet a consacré une partie importante de ses recherches à la civilisation cham. En témoignent ses nombreuses études publiées dans ce domaine par le Bulletin des Amis du Vieux Hué, ses responsabilités de conservateur du Musée Cham de Tourane, mais, surtout, l’enquête scientifique réalisée entre 1919 et 1929 auprès des villages de l’actuel Viêt Nam central, qui lui permit de collecter des textes cham qui, sans lui, auraient disparu. Les nombreuses fouilles réalisées à la suite des réponses à cette enquête lui ont permis de préserver des vestiges importants. Cet intérêt pour la civilisation pratiquement disparue aujourd’hui s’est doublée d’une véritable empathie pour ce peuple sacrifié ; Albert Sallet était dans le secret des Cham de la région de Phan Thiet, dont certains étaient employés dans l’hôpital dont il avait la charge. C’est par son inititiative que l’EFEO réalisa vers 1927 une “Ecole cham”. (Voir sa conférence à Toulouse). Les Cham, en reconnaissance de cette sympathie active lui proposèrent de lui confier leur trésor, ce que Sallet refusera. (Comité de Rédaction) Sur l’identité cham, voir AP0391. Sur l’histoire du Champa, voir AP2133.

Mots Clefs : Annam Dong Duong 1929 Archéologie – Champa Site archéologique